Le mascara sans les paquets, pour les pauvres

Ou les pingres malines ou pour généraliser, celles qui ne veulent pas jeter leur argent par la fenêtre.

 

Hey, des mois que j'essaye de placer ce gif, j'vais pas m'priver !

 

Il existe déjà la version pour les riches et comme je suis entièrement pour la parité voici ma version pour les pauvres. Je pense que je ne suis pas la seule à apprécier que son mascara (pour lequel vous avez peut-être vendu votre fille) (qui de toute façon vous vidait le votre sur le mur du salon) tienne plus de deux mois ;)

Attention, il va y avoir des cascades, j'espère que vous êtes prêtes !!!

On part de ça :

 

Va falloir que je commence à faire gaffe au soleil, je n'avais pas ces taches de rousseurs avant :s

 

1. Vous prenez votre brosse de mascara que vous essuyez le plus possible dans le tube (on sait toutes que ça ne sert à rien mais on le fait quand même, à chaque fois).

2. Vous faites un premier passage très léger sur vos cils : un coup léger sur les cils externes et un coup léger sur les cils du milieu. J’insiste sur le léger ! Pas besoin d'en mettre en interne, vous avez bien assez de matière comme ça ! Non, j'ai dit !

On a de la matière, des gros paquets, des cils qui font copains-copains avec leurs voisins, va falloir rectifier tout ça !!

 

3. Vous prenez la brosse d’un mascara nul ou bien que vous avez fini ou encore qui a séché.  Après l’avoir préalablement nettoyé, vous vous en servirez pour brosser vos cils. Comme ça, vous enlevez le surplus mais surtout vous estompez la matière sur vos cils et c’est comme ça que vous aurez un rendu plus proche des « faux cils » que l'on voit sur les pubs que des pattes d'araignées.

 

Petit souci quand vous brossez un peu trop tard, vous avez des petits morceaux qui peuvent sauter. Cela arrive quand le mascara a eu le temps de sécher (dans mon cas, faire des photos en même temps n'aide pas trop).

 

4. Vous bouclez sur l’étape 2 jusqu’à obtention de l’intensité voulue.

5. Souriez !

 

 Pas encore parfait, ça nécessite encore un p'tit coup de brosse.

 

Et voilà, magique ! En vrai, ça ne me prend qu’1m30 pour faire mes deux yeux donc c’est très rapide et c’est quand même vachement plus économique que d'essuyer sa brosse sur un mouchoir, vous en conviendrez toutes, j'en suis sûre ! De temps en temps, je nettoie cette brosse, en revanche je l’essuie à chaque fois. 

Maintenant, vous n’avez aucune excuse pour ne pas avoir de beaux cils de biches !

 

 

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Montre moi tes funérailles, je te dirais qui tu étais

Je n’impose pas de limites à mon blog. Il me représente et par conséquent il représente toutes les facettes de ma personnalité. Ma vie n’est pas faite que de nail art ou de maquillage ni de coup de gueule. Mais je peux comprendre que les personnes qui viennent sur mon blog pour la beauté ou pour les billets humeurs (pour reprendre HC) soient dérangées par les autres types d’articles. Je vais essayer de trouver un moyen de mieux catégoriser au premier coup d’œil un article. Pour ceux qui viennent d’HC, pas de problème, je les range déjà par thème. Si vous avez des idées, des conseils, je suis preneuse.

En attendant, je vous préviens que cet article sera moitié beauté et moitié humeur (Pas simple la fille).

 

Mardi, j’ai assisté à l’enterrement de ma grand-mère, seulement mon deuxième enterrement (et heureusement bordel !). Ça n’est jamais une journée facile à passer même si on n’éprouve rien pour la personne.

Un enterrement c’est très symbolique, c’est pour moi le dernier moment pour rendre hommage à une personne. Comme je suis catholique, c’est aussi le dernier moment pour la voir car son âme est là encore une journée. Pour cette raison, je déteste me mettre en noir sauf si la personne adorait le noir. Je suis plutôt du genre à m’habiller selon la couleur préférée du défunt et à faire la fête si celui-ci adorait faire la fête, ou à faire une réunion lecture, etc… (À mon enterrement, les gens devront porter de la paillette, OBLIGÉ et danser sur du Lorie).

Donc, pour l’occasion, je me suis renseignée sur la couleur préférée de ma grand-mère qui est le bleu sous toutes ces nuances. J’ai donc choisis un maquillage, un nail art et une jupe dans les tons de bleu et le reste noir. C’était quelqu’un de toujours soignée, toujours tirée à 4 épingles, je ne me voyais pas arriver négligée.

 

 

 

On est en fin de journée pour les photos, je trouve que ça a bien tenu !

 

 

J'en ai chié deux heures, lundi, pour que ces carrés soient carrés ><

 

Ma mère était très fière de moi, surtout qu’elle allait nous présenter (mon frère et moi) à des gens que nous n’avions jamais vus et c’était important pour elle que l’on fasse bonne impression. C’est important ça pour ma mère, ce que pensent les autres de nous. Alors on était très habillés avec mon frère, limite trop puisque les autres étaient en short. Autant pour l’image !

 

Ma mère m’avait demandé, avant de partir, de ne pas « bitcher » sur ma grand-mère car il allait y avoir des gens qui l’apprécient beaucoup. Soit, de toute façon, je ne me voyais pas la descendre le jour où on lui rend hommage. Même moi je sais me tenir dans ce genre de cas, c’est dire. La journée se passe, la mise en terre, tout ça, on rentre chez ma tante pour discuter, manger un bout et se retrouver autour des souvenirs. Et c’est là que j’ai rigolé très fort à l’intérieur. Je ne me suis permise aucune remarque car je ne la considère pas comme un membre de famille donc je n’avais pas d’avis à donner. À table, il y avait la famille proche, sa seule famille : sa sœur, sa nièce, ses enfants et ses petits enfants. Chaque personne y est allé de son petit mot. Vous savez, normalement, c’est dans ces instants que l’on se rappelle les bons souvenirs, les grands moments. Là, ce fut juste un florilège de toutes les saloperies qu’elle a pu faire à chaque personne, ce qui a conduit à son isolement. C'est-à-dire qu’en 4h de « gouter », à aucun moment quelqu’un à trouver quelque chose de gentil à dire sur elle, même pas sa propre sœur ! Je savais qu’elle avait été méchante après la mort de son mari, une conséquence de sa dépression mais en fait elle a toujours été méchante, c’est dans sa nature. Je comprends mieux pourquoi elle s’est retrouvé seule, complètement coupée de sa famille et que ce soit des inconnus qui l’ont retrouvé morte. À un moment, quelqu’un a sorti que « c’était bien malheureux de finir comme ça ». C’est de notre faute peut-être ? Ce n’est pas comme si ma mère et ses frères et sœurs avaient tout fait pour garder contact avec elle. Elle les a toujours rejetés. Je veux bien être gentille mais faut pas pousser. Ma mère n’est pas une sainte, pas plus que mes oncles et tantes, et je les comprends dans leur démarche de couper les ponts. Tu ne peux pas passer ta vie à quémander un peu d’amour de ta mère, le truc qui est censé, je dis bien censé, être chose acquise. Il faut savoir lâcher l'affaire pour se protéger, pour arrêter de souffrir. Après, on a le droit aux remarques des voisins de ma grand-mère qui ne comprennent pas, « quelle famille indigne, ne pas s’occuper de ses aïeux ». Ouais, c’est sur, ce sont nous les monstres.

Parce que le problème, c’est que lorsqu’un de tes parents devient malade comme ça, change du tout au tout (ça peut arriver, hein) et bien tu peux arriver à passer outre car tu sais que ce n’est pas la vraie personne, tu sais que c’est la maladie qui l’a rendu comme ça. Mais pour ma grand-mère, c’était juste sa nature puissance deux. Comment passer outre cette attitude méchante quand aucun bon souvenir ne te raccroche avec cette personne ? Je comprends qu’ils aient voulu se protéger. J’ai, en revanche, promis à ma mère que même si elle devenait totalement zinzin on ne la laisserait pas comme ça. Dans tous les cas, je ferais en sorte qu’une personne passe souvent, moi ou une aide à domicile. J’essaierais de toujours me souvenir de la personne merveilleuse qu’elle a été pour passer outre son changement d’attitude, Ce qui n’était pas vraiment possible avec ma grand-mère puisqu’elle a toujours été méchante, toujours. Les histoires qui se sont racontées remontaient bien avant la naissance de ma mère.

Bref, ça c’était le petit coup de gueule.

 

Je me suis promis une chose, de ne jamais finir comme elle. Je ne parle pas de sa mort en tant que telle même si ce n’est pas la meilleure des fins possibles. Non, je parle surtout de la façon dont elle a fini sa vie, complètement seule, aigrie, haineuse. Comment peut-on en arriver à se faire détester de chaque personne que l’on connait ? Des personnes qui étaient toutes prêtes à nous aimer ? Je trouve que l’enterrement et la petite fête après sont le reflet de ce qu’a pu être notre vie. Je veux que le mien soit plein de gens, je veux que ça rigole, ça s’amuse parce c’est comme ça que je vois ma vie, c’est comme ça que je veux qu’elle soit et j’espère que c’est comme ça que je la construis. Je veux que les gens aient des choses positives à dire sur moi, je ne veux pas qu’il y ait de regrets à mon enterrement. Car ça voudrait dire que j’aurais raté un truc dans ma vie. Tu me diras, là où je serais ça m’affectera pas plus que ça mais si, quand même. Je veux que les gens soient en paix avec moi, que tout ait été dit, qu’il n’y ait pas quelque chose sur le feu. L’enterrement de ma grand-mère m’aura appris une chose sur moi : je ne veux pas finir seule et je ne veux pas perdre les quelques liens que j’ai avec ma famille et mes amis même si ça se résume à quelques personnes. Ces liens sont importants pour moi et je vais tout faire malgré mon départ au bout du monde (le Canada c’est loin quand même) pour les garder aussi forts qu’ils le sont aujourd’hui.

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Aujourd'hui, ma grand-mère est morte

Enfin, la dernière fois que les voisins l'ont vu c'était le 17 Juillet. Il a fait chaud, très chaud. Je ne veux pas imaginer un corps pourri de deux semaines dans cette chaleur et dans une maison avec le chauffage à fond (elle était zinzin). Les voisins ont appelé les gendarmes qui ont appelé mon oncle. Il n'a pas eu le droit de la voir, beaucoup trop moche, parait-il. Je veux bien le croire.

 

 Je ne l'ai jamais connu, c'était une vraie connasse avec ma mère et en soit, une petite voix me souffle "Bon débarras, maman va enfin pourvoir passer à autre chose. Enfin arrêter d'envoyer enveloppe, papier, stylo, timbre à cette vieille bique pour que celle-ci ne lui réponde jamais". Sauf que.

 

Sauf que ce n'est pas si simple. Je ne peux pas nier les sentiments de ma mère. J'aimerais bien mais je n'y arrive pas. Elle ne pleure pas, en tout cas elle ne l'a pas fait au téléphone mais j'imagine ce qu'elle peut ressentir. Elle ne l'avait pas vu depuis 15 ans. Elle a forcément mal et je ne peux pas l'aider. Je m'occupe de ma maman depuis des années, j'ai fait de grandes études pour pouvoir lui payer un toit sur la tête, la gâter et lui donner tout ce que mon père lui a refusé. Et là, maintenant, quand elle a le plus besoin de moi, je ne peux pas l'aider, je ne peux strictement rien faire. Jeudi, je pars en vacances à Toulouse. Genre, la putain de fille ingrate se casse en vacances pendant que sa mère porte le deuil. Ça me fais mal au cul, j'ai honte de moi. Et en même temps, je n'ai pas envie de lâcher mes vacances, je n'ai pas envie de... J'ai envie d'être égoïste parce que bordel, je ne l'aime pas cette bonne femme. Déjà que vivante elle me les brisait, morte c'est encore pire !

 

Quand je pense à la relation entre ma mère et ma grand-mère je pense inévitablement à moi et mon père. Père a qui je ne parle plus depuis mes 16 ans. Que vais-je ressentir quand il mourra ? Vais-je le pleurer lui ou le rêve d'avoir un père qui ne se réalisera finalement jamais ? Vais-je même pleurer ? Je ne pense pas que l'on se retrouvera un après-midi avec mon frère pour ressasser les bons moments. Quels bons moments, de toute façon ? Vais-je regretter mon choix de couper les ponts ? Est-ce que tout le monde ne mérite pas une deuxième chance, millième dans son cas ? Est-ce que ça fait toujours mal de perdre quelqu'un que l'on n'aime pas, que l'on ne connait même pas ? Pourquoi ? Pourquoi ai-je mal ? Pourquoi ai-je envie de me foutre sous la douche pour pleurer cette femme dont je n'ai en commun que mon deuxième prénom (ou peut-être le troisième, je sais pas) ?

 

Que vais-je ressentir quand ma mère mourra ? Arriverais-je à rester détachée, à me dire que c'est la nature, qu'elle a bien vécu sa vie et qu'elle a fait son temps ? Arriverais-je à être heureuse pour elle, heureuse que ses souffrances se soient arrêtées ? Arriverais-je à ne pas m'effondrer comme une grosse merde sur son cercueil, à accepter de la lâcher, de la laisser partir ? Le Loup s'est rendu compte ce Week-End que ses parents avaient déjà plus de 65 ans, qu'ils sont vieux, qu'ils commencent à être fatigués. Il s'est rendu compte qu'un jour, bientôt, ils vont mourir. Je lui ai dit de se calmer, que c'est la vie, qu'on ne peut rien y faire mais profiter d'eux jusqu'au bout, que c'est normal que nous enfants, voyons nos parents partir. Qu'on aimerait bien qu'ils partent le plus tard possible mais que, quand ça arrivera, on n'y pourra rien. On fera une super fête pour célébrer leur mémoire, on rigolera bien en se rappelant les bonnes vieilles blagues de papa ou la maladresse de maman (c'est ce qu'on a fait pour mon oncle et ce fut un enterrement "trop chouette", ma première cuite et le meilleur souvenir que l'on pouvait avoir de lui, lui qui faisait la fête tous les jours). Ma mère n'a que 48 ans, elle n'en est pas encore là et pourtant. Elle est si fatiguée, 10 ans d'alcoolisme, ça te laisse des marques. Je ne veux pas qu'elle meure, pas tout de suite. Je veux voir ses yeux briller quand je lui achèterais une maison, la voir respirer quand elle aura divorcé de mon père, la voir s'occuper de son petit jardin et de sa petite maison. Je veux la voir vivre, enfin.

 

J'ai l'impression que la mort de ma grand-mère a déclenché un compte à rebours, qu'une salope d'horloge sonne chaque seconde qu'il me reste avec ma mère, j'ai l'impression de voir ces secondes défiler sans que je puisse en faire quoique ce soit. Je ne sais pas quoi faire. Ce soir, pour la première fois je n'ai plus de buts. Tout est vain puisque peut-être ma mère mourra avant que je ne les réalise. Et même si ! Tout ce temps que j'aurais passé à trimer pour la couvrir de diamants n'aurait-il pas mieux servi à ses côtés ? Franchement, j'en sais rien. Ce soir je ne sais plus rien, je n'ai plus aucune certitude et ça me fait chier. Ah, si, je déteste ma grand-mère !

 

Source.

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Mais comment êtes-vous arrivés là ?!

Il y a deux semaines, je me suis assise et je l’ai senti. Le bourlnichon. Ce (petit) bourrelet qui se replie sur la baleine de ton soutif quand tu t’assois. Le fameux bourlnichon. Je me suis dit, rrooo bon hein ! On va arrêter les deux-trois (quatre ?) restos par semaine et définitivement adopter un bon régime de vie.

J’ai donc commencé à faire des règles, parce que j’adore les règles car j’adore la sensation que te procure le fait de les respecter (shhhuuuuuttt, ne dis rien). On mange bien mais on garde la gourmandise, un resto par semaine maximum ! Une part de féculent chaque jour, soit le midi soit le soir et toujours un ou deux fruits dans la journée (suivant ceux qui étaient pas trop pourris au Auchan). J’ai intégré le sport quotidiennement à petite dose car je ne veux pas me dégouter et je veux me donner le temps de progresser à mon rythme. (avant je courrais énormément, avant genre il y a 2 ans. Mais une tendinite sur 6 mois m'a définitivement coupé avec la course :s)

Et dimanche, je me sentais super bien, légère, je voyais les effets sur mon ventre, plus ferme, plus de bourlnichon, parfait ! Je me suis dit « haaa,  je suis revenue à mes chers 50 kilos. Je me sens bien .» et dans la foulée je me suis pesée.

58 kg.

Cinquante-huit putain de kilos !!!! Mais Comment ? Quand ? Où ? (Oui, tu peux dire dans mon cul et autour)

J’arrive pas à le croire. J’y arrive pas. Je ne les vois pas. Je ne me trouve pas si grosse et pourtant, j’ai lesté mon corps de 10 kg (oui parce que j’estime avoir perdu 2kg) sans m’en rendre compte. Tu dois te dire « nan, mais elle exagère ! ».

T’as déjà essayé de porter 10kg d’eau ? Vas-y, teste.

 

 

Source.

 

Nous sommes d’accord, c’est énorme et ça ne peut pas passer inaperçu. Je pensais tout au plus en avoir pris 5 mais 10 ? Que les autres ne le voient pas, pourquoi pas. Il a fait froid, j’ai toujours été en jean ou en collant très serrés sous mes robes. Ceci peut expliquer cela. Mais moi, comment ais-je fait pour ne pas le voir ? Pour m’être mis de telles œillères ?

Le problème n’est pas tant le poids que je fais mais le poids que j’ai pris sans m’en rendre compte. Insidieusement, sournoisement, ces kilos se sont installés sans que je ne vois rien. Quand je me regarde, je ne vois que deux-trois kilos en trop. Deux-trois oO Je suis tellement à côté de la plaque ! Je ne comprends pas comment je peux être autant aveugle sur ce que je suis, ce que je pèse et ce que je mange chaque jour.

Parce qu’il est là, le problème. Je mange mal, je mange trop et je ne le vois pas. Maintenant, je peux comprendre comment des gens arrivent à 400 kg (je pense à l'homme le plus gros du monde mort récemment). Au début ça va, tu prends du poids mais tu ne le vois pas. Et quand le poids commence à devenir conséquent, vingt-trente kilos, la machine est déjà en marche et ça devient dur de revenir en arrière. Parce que tu es bien, tu ne vois pas de problèmes, tu t'es habituée à ce poids et cette alimentation.

Je me suis toujours dit que noter ce que l’on mange ça ne servait à rien, qu’on était quand même capable de se retenir, de savoir qu’on a atteint le quota de Pringles. Et bah il semblerait que non. Quand je pense aux trois Pringles mangés dimanche, je pense être plus proche des dix, peut-être plus, qui sait ? Je ne peux plus faire confiance à ma mémoire.

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Attend, ça s'fait pas de balancer !

 

 

Je vais te conter une petite histoire.

 

Il était une fois, Gertrude qui prenait le bus chaque matin pour aller à l'école. Chaque matin, elle voit les mêmes gens aux mêmes horaires prendre le bus en même temps qu'elle. Et puis un jour, l'une de ces personnes fait tomber un billet de 5 euros par terre, lorsqu'il va pour valider son ticket. Avant que Gertrude puisse réagir, quelqu'un récupère le billet et le met dans sa poche.  Lorsque la personne qui a perdu son billet regarde autour d'elle, fouille ses poches, Gertrude sait ce qu'elle cherche mais elle ne dira rien. Parce que ce n'est que 5 euros et puis, ça ne se fait pas de balancer.

 

Un jour, Gertrude perdra un billet et ne le retrouvera pas, elle non plus.

 

Je pourrais t'en conter mille des histories comme ça. Des histoires de tous les jours, des histoires où, j'en suis sûre, tu te retrouveras dans au moins un de ces personnages. Celui qui est volé, celui qui vole et celui qui a vu. C'est ce troisième qui est important. Celui qui pourrait changer les choses mais qui n'en fera rien.

 

Essayons d'analyser un peu ce qui a pu se passer dans la tête de Gertrude. Pourquoi n'a-t-elle rien dit ? Peut-être parce qu'elle avait peur des représailles. De qui, de quoi, on ne saura pas. Tout le monde ne se ballade pas avec quinze mille cousins collés aux basques. Peut-être aussi a-t-elle hésité et s'est dit "trop tard, c'est fait, c'est fait". Comme si rien ne pouvait être changé, comme si le voleur avait déjà fait disparaître le billet et qu'il n'y avait plus de preuve. Peut-être aussi, finalement, par timidité. Gertrude ayant une nature discrète n'a-t-elle pas osé prendre la parole en public, que tout le monde la regarde.

 

Plutôt que d'essayer de comprendre l'attitude de Gertrude, j'aimerais juste que l'on se mette dans la tête de la personne qui a perdu son billet, que nous appellerons Teddy.

"Merde, je suis vraiment trop con !"

"J'aurais quand même pu faire plus attention ! "

"Mais comment est-ce que je vais pouvoir payer mon ticket de bus pour rentrer chez moi ? "

Eh oui, parce que si 5 euros ce n'est rien pour vous, il n'en est pas forcément de même pour tout le monde. Et que, peut-être, vous êtes en train de mettre quelqu'un sérieusement dans la mouise. Teddy ne pourra pas s'acheter son ticket de bus, il devra marcher pour rentrer chez lui et mettra 1 heure, 2 heures, qui sait ? Peut-être qu'il devra appeler sa femme, qui viendra le chercher mais qui devra laisser les enfants seuls à la maison. Pensez à toutes les réactions en chaîne que cela peut amener, à tous les problèmes que vous pourrez faire subir, tout ça parce que vous n'avez pas voulu dénoncer ? Pour "sauver" une personne vous en avez mis 4 dans la merde ?
 

Maintenant, j'aimerais que vous vous mettiez à la place de Teddy. Que ce soit vous les agressés. Et comme je sais que je suis majoritairement lue par des femmes, je vais changer un tout petit peu mon histoire.

 

Il était une fois, Gertrude qui prenait le bus chaque soir pour rentrer de l'école. Chaque soir, elle voit les mêmes gens, aux mêmes horaires prendre le bus en même temps qu'elle. Chaque soir, un groupe de mecs l'attend à l'arrêt du bus, l'entoure jusque chez elle. Sur le trajet, ils la poussent, la bousculent, soulèvent sa jupe, rigolent grassement. Chaque soir, les passagers voient bien que ce ne sont pas ses amis mais ils ne disent rien. Parce que ça ne se fait pas de balancer.


Sauf que chaque soir, Gertrude se fait violer par ces mêmes gars, dans un appartement et que tous les jours, quelqu'un pourrait l'aider à s'en sortir, à sortir de cet enfer. Il suffirait d'un appel, un simple appel à la police. Un geste héroïque qui n'engagerait même pas votre santé.

A ne rien dire, on pousse ces criminels à se croire dans leur bon droit, intouchables, et nous à nous penser coupables. Dénoncer est devenu un délit dans l'esprit des gens.

 

J'aimerais que pour une fois, pour une toute petite fois, tu penses à ce que toi tu aimerais que l'on fasse pour toi. À ce qu'il pourrait t'arriver si tu perdais de l'argent, ton téléphone portable, si tu te faisais embêter (pour ne pas dire harceler) dans le métro par des lourdingues qui se pensent charmants. J'aimerais que tu penses non pas dans ta petite bulle de sécurité où tu es tout seul mais dans la communauté qui t'entoure. Dans cette communauté où nous vivons et où le moindre geste bienveillant envers les autres peut changer énormément de choses. Tu sais, dénoncer n'est pas un gros mot, ni un crime. Dénoncer, c'est la base de la justice.

 

Et si parfois la dénonciation anonyme permet de sauver des vies, je pense lors de grosses affaires contre la Mafia ou d'autres grands groupes, je trouve que cette pratique prend des proportions affolantes ! On en arrive à vouloir dénoncer anonymement les gens qui font de mauvaises ventes sur certains sites. Parce que l'on n'assume pas d'accuser quelqu'un de voler. C'est lui qui a volé, c'est lui le coupable mais c'est nous qui avons honte. Vous voyez pas comme un hic là dedans ?

 

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