TAF : Déménager ses vernis au Canada

Aujourd’hui, nous sommes vendredi et comme tous les vendredis (sauf le dernier) (genre, déjà une exception ?!) ce sont les Trucs et Astuuuuuuces de la Faucheuse (TAF).

 

 

Aujourd’hui, c’est pas de la rigolade parce qu’on déconne pas avec un sujet vital pour nous les nailistas : déménager ses vernis sans les traumatiser.

 

Mais comment vais-je faire ?!?

 

Il y a deux types de déménagements : national et le reste du monde. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’à partir du moment où vous faites appel à un avion ou un bateau tout devient plus compliqué, le monde se ligue contre vous et vous n’avez plus qu’une envie, vous enterrez sous un stand Sephora avec vos précieux. Au moins là-bas, personne ne voudra vous les enlever !! Parce que vous passerez véritablement pour une folle à vouloir transporter autant de babioles inutiles (on s’entend bien, c'est inutile pour eux) sans parler de les posséder. Pour vous, j’ai testé.

Je n’aime pas ranger les gens dans des cases mais pour le coup je vais le faire : les grosses dingos qui ont plus d’une cinquantaine de vernis et les autres, les « normales ».

 

Les normales : que nous pourrions aussi appeler raisonnables, ont moins ou aux alentours d’une cinquantaine de vernis. Si vous êtes dans ce cas là, vous pouvez simplement prendre l’avion avec vos bébés dans votre valise, bien emballés évidemment, ne vous retenez pas sur le papier bulle, laissez parler votre créativité ! J’ai emporté de cette manière les vernis auxquels je tenais le plus.

 

Les folles : que nous allons continuer à appeler comme ça (parce que ça nous correspond bien), ont plus d’une cinquantaine et très souvent plus d’une centaine (et encore, je suis gentille) de vernis. Faut dire que quand tu commences à dépasser un certain nombre c’est limite si tu ne fais pas un bon de 50 à 100 sans t’en rendre compte. Et ça continue de grimper très facilement. C’est vicieux ces p’tites choses là. Dans ce cas là, tu fais emporter ta collection (parce qu’à ce stade c’est bien de cela que l’on parle) dans un conteneur par une entreprise de déménagement. Notez bien : ne vous laissez par berner par les esprits étriqués  de ces hommes qui ne comprennent rien à rien. Il est possible que l'on vous sorte que les vernis à ongles ne sont pas autorisés. FAUX, ils le sont totalement, ce sont les vernis du type laque, vernis à bois, donc des produits dits toxiques qui eux ne le sont pas. Nous avons vérifié (plutôt mon mec car j’étais déjà en mode désespoir, comment qu’on va faire, je bouge pas sans eux) auprès de la douane canadienne et de la compagnie maritime (nous c’est par bateau mais par avion ça marche aussi, on a vérifié) et vraiment aucun problème. Vous déclarez le nombre de pièces et vous faites une estimation (j’ai assez halluciné sur ce que j’avais mis comme fric là dedans) du total pour l’immigration. Tant que vous êtes claires sur le fait que c’est une collection, que ce sont des biens personnels qui ne sont pas destinés à la vente vous pourrez passer la douane les doigts dans le nez !

 

Après ce –léger– détail réglé, comment les protéger ? Je suis très fane du papier bulle (pour l’éclater après !) mais le papier velours anti humidité c’est cool aussi mais moins rembourré quand même. Pensez à bien emballer vos précieux avant car même si l’emballage est compris dans le devis de votre agence de déménagement, ils ne prennent pas le temps de le faire pièce par pièce. Ils prennent directement les boites, mettent du papier velours en boule pour empêcher les vernis de trop bouger et c’est tout. Si vous n’avez pas de boite de rangement ça sera mis dans les cartons directement donc faites Très attention sur ce point !!

 

Voilà, j’avais très envie de vous faire part de mon expérience car moi-même je n’ai trouvé personne pour répondre à mes questions et devoir appeler des administrations et étaler sur la place publique tes penchants vernièsques c’est gênant en plus d’être une perte de temps au milieu de toutes les autres démarches. Petit point perso, tout se passe bien, nous sommes arrivés sur le territoire dimanche 22 à 15h30 mais n’avons pu entrer au Canada que vers 19h. L’immigration fut très longue sans parler des douanes qui nécessitent pas moins de 3 bureaux. C’est un truc de dingue, j’ai bien cru finir par dormir par terre, sous les chaises à côté des chiens. Pour l’instant, nous prenons nos marques (dur dur de trouver ne serait-ce que de l’emmental), de visiter un peu, bref d’entamer notre nouvelle vie. Donc ne vous attendez pas trop à une déferlante d’articles sur le blog, j’en ai à la pelle mais pas le temps de corriger les fautes donc pas de publication !

 

Si vous avez des informations quant à un déménagement par avion sur un autre territoire c’est le moment de nous en faire part ;)

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TAF : S'accepter soi-même

Aujourd’hui c’est vendredi et vendredi c’est spaghetti. Nan, focus Fluffy, vendredi  ce n’était rien avant mais maintenant c’est : les Trucs et Astuuuuuuces de la Faucheuse (TAF).

 

 

 

Après cette intro aussi décousue que mon esprit ET ma vie en ce moment (va essayer de déménager par avion 239 vernis ! Ton mec te prend déjà pour une dingue, il me chope le bras dès que l’on passe devant un Sephora (s’il savait, ce n’est pas là que j’achète le plus ;) (Quoiqu’il fait la même devant le Kiko, le bougre !)),  alors ne parlons pas des agents de la compagnie aérienne.  Je me sens incomprise ! ), intro qui au final n’explique rien du tout (mais ça c’est tout moi), nous allons parler de l’acceptation de soi. Pas le soi mental, ce que vous êtes dans votre tête, ça je veux pas savoir, nan le soi de votre corps, votre body. Parait que mettre de l’anglais dans ses textes ça fait plus new generation. Ce qui insinuerait que je n’en fais plus partie… Misère !

 

L’acceptation de soi, de son physique, est un vaste sujet qui, je pense, prend des proportions de plus en plus énormes de nos jours. On veut se battre contre ses diktats, en tout cas c’est ce que l’on dit aux gens quand on nous fait une remarque sur notre poids, mais on aimerait bien quand même changer un peu. Rôôô pas beaucoup hein, dit, juste une taille quoi, pour mieux respirer, ne pas être fatiguée en allant en course, toutes les raisons sont bonnes (cette phrase est une pure généralité et donc de ce fait complètement fausse, no offense).

Il est donc temps, enfin, que je vous fasse part de mes précieux conseils à ce sujet. Ici pas de miracle, pas de bobards. Il n’y que mon honnête honnêteté. Je ne vous dirais qu’une chose :

 

Acceptez-vous sinon votre cuisse ressemblera à ça lorsque, vous croyant plus fines, vous tenterez de vous faufiler par la porte entre-ouverte et que vous vous prendrez bien méchamment la poignée de la porte (même pas elle s’excuse, c’te bitch !).

 


Limite s’il n’y a pas le nom de l’hôtel gravé dans ma peau. Telle la vache du cheptel « Celles qui se croyaient minces alors que non ».

 

Je sais, tout ceci est une révélation pour vous. Respirez un coup, prenez une pause, ça y est, vous allez enfin pouvoir vous accepter !

 

Si tu n’as rien compris à cet article alors tu peux commenter. Si tu fais toi aussi partie du cheptel, raconte nous ton histoire. Si tu penses que  mon hébergeur devrait me censurer, commentes et si tu n’as rien à dire, commentes aussi. :)

Bon Week End !!!!

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Le mascara sans les paquets, pour les pauvres

Ou les pingres malines ou pour généraliser, celles qui ne veulent pas jeter leur argent par la fenêtre.

 

Hey, des mois que j'essaye de placer ce gif, j'vais pas m'priver !

 

Il existe déjà la version pour les riches et comme je suis entièrement pour la parité voici ma version pour les pauvres. Je pense que je ne suis pas la seule à apprécier que son mascara (pour lequel vous avez peut-être vendu votre fille) (qui de toute façon vous vidait le votre sur le mur du salon) tienne plus de deux mois ;)

Attention, il va y avoir des cascades, j'espère que vous êtes prêtes !!!

On part de ça :

 

Va falloir que je commence à faire gaffe au soleil, je n'avais pas ces taches de rousseurs avant :s

 

1. Vous prenez votre brosse de mascara que vous essuyez le plus possible dans le tube (on sait toutes que ça ne sert à rien mais on le fait quand même, à chaque fois).

2. Vous faites un premier passage très léger sur vos cils : un coup léger sur les cils externes et un coup léger sur les cils du milieu. J’insiste sur le léger ! Pas besoin d'en mettre en interne, vous avez bien assez de matière comme ça ! Non, j'ai dit !

On a de la matière, des gros paquets, des cils qui font copains-copains avec leurs voisins, va falloir rectifier tout ça !!

 

3. Vous prenez la brosse d’un mascara nul ou bien que vous avez fini ou encore qui a séché.  Après l’avoir préalablement nettoyé, vous vous en servirez pour brosser vos cils. Comme ça, vous enlevez le surplus mais surtout vous estompez la matière sur vos cils et c’est comme ça que vous aurez un rendu plus proche des « faux cils » que l'on voit sur les pubs que des pattes d'araignées.

 

Petit souci quand vous brossez un peu trop tard, vous avez des petits morceaux qui peuvent sauter. Cela arrive quand le mascara a eu le temps de sécher (dans mon cas, faire des photos en même temps n'aide pas trop).

 

4. Vous bouclez sur l’étape 2 jusqu’à obtention de l’intensité voulue.

5. Souriez !

 

 Pas encore parfait, ça nécessite encore un p'tit coup de brosse.

 

Et voilà, magique ! En vrai, ça ne me prend qu’1m30 pour faire mes deux yeux donc c’est très rapide et c’est quand même vachement plus économique que d'essuyer sa brosse sur un mouchoir, vous en conviendrez toutes, j'en suis sûre ! De temps en temps, je nettoie cette brosse, en revanche je l’essuie à chaque fois. 

Maintenant, vous n’avez aucune excuse pour ne pas avoir de beaux cils de biches !

 

 

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Montre moi tes funérailles, je te dirais qui tu étais

Je n’impose pas de limites à mon blog. Il me représente et par conséquent il représente toutes les facettes de ma personnalité. Ma vie n’est pas faite que de nail art ou de maquillage ni de coup de gueule. Mais je peux comprendre que les personnes qui viennent sur mon blog pour la beauté ou pour les billets humeurs (pour reprendre HC) soient dérangées par les autres types d’articles. Je vais essayer de trouver un moyen de mieux catégoriser au premier coup d’œil un article. Pour ceux qui viennent d’HC, pas de problème, je les range déjà par thème. Si vous avez des idées, des conseils, je suis preneuse.

En attendant, je vous préviens que cet article sera moitié beauté et moitié humeur (Pas simple la fille).

 

Mardi, j’ai assisté à l’enterrement de ma grand-mère, seulement mon deuxième enterrement (et heureusement bordel !). Ça n’est jamais une journée facile à passer même si on n’éprouve rien pour la personne.

Un enterrement c’est très symbolique, c’est pour moi le dernier moment pour rendre hommage à une personne. Comme je suis catholique, c’est aussi le dernier moment pour la voir car son âme est là encore une journée. Pour cette raison, je déteste me mettre en noir sauf si la personne adorait le noir. Je suis plutôt du genre à m’habiller selon la couleur préférée du défunt et à faire la fête si celui-ci adorait faire la fête, ou à faire une réunion lecture, etc… (À mon enterrement, les gens devront porter de la paillette, OBLIGÉ et danser sur du Lorie).

Donc, pour l’occasion, je me suis renseignée sur la couleur préférée de ma grand-mère qui est le bleu sous toutes ces nuances. J’ai donc choisis un maquillage, un nail art et une jupe dans les tons de bleu et le reste noir. C’était quelqu’un de toujours soignée, toujours tirée à 4 épingles, je ne me voyais pas arriver négligée.

 

 

 

On est en fin de journée pour les photos, je trouve que ça a bien tenu !

 

 

J'en ai chié deux heures, lundi, pour que ces carrés soient carrés ><

 

Ma mère était très fière de moi, surtout qu’elle allait nous présenter (mon frère et moi) à des gens que nous n’avions jamais vus et c’était important pour elle que l’on fasse bonne impression. C’est important ça pour ma mère, ce que pensent les autres de nous. Alors on était très habillés avec mon frère, limite trop puisque les autres étaient en short. Autant pour l’image !

 

Ma mère m’avait demandé, avant de partir, de ne pas « bitcher » sur ma grand-mère car il allait y avoir des gens qui l’apprécient beaucoup. Soit, de toute façon, je ne me voyais pas la descendre le jour où on lui rend hommage. Même moi je sais me tenir dans ce genre de cas, c’est dire. La journée se passe, la mise en terre, tout ça, on rentre chez ma tante pour discuter, manger un bout et se retrouver autour des souvenirs. Et c’est là que j’ai rigolé très fort à l’intérieur. Je ne me suis permise aucune remarque car je ne la considère pas comme un membre de famille donc je n’avais pas d’avis à donner. À table, il y avait la famille proche, sa seule famille : sa sœur, sa nièce, ses enfants et ses petits enfants. Chaque personne y est allé de son petit mot. Vous savez, normalement, c’est dans ces instants que l’on se rappelle les bons souvenirs, les grands moments. Là, ce fut juste un florilège de toutes les saloperies qu’elle a pu faire à chaque personne, ce qui a conduit à son isolement. C'est-à-dire qu’en 4h de « gouter », à aucun moment quelqu’un à trouver quelque chose de gentil à dire sur elle, même pas sa propre sœur ! Je savais qu’elle avait été méchante après la mort de son mari, une conséquence de sa dépression mais en fait elle a toujours été méchante, c’est dans sa nature. Je comprends mieux pourquoi elle s’est retrouvé seule, complètement coupée de sa famille et que ce soit des inconnus qui l’ont retrouvé morte. À un moment, quelqu’un a sorti que « c’était bien malheureux de finir comme ça ». C’est de notre faute peut-être ? Ce n’est pas comme si ma mère et ses frères et sœurs avaient tout fait pour garder contact avec elle. Elle les a toujours rejetés. Je veux bien être gentille mais faut pas pousser. Ma mère n’est pas une sainte, pas plus que mes oncles et tantes, et je les comprends dans leur démarche de couper les ponts. Tu ne peux pas passer ta vie à quémander un peu d’amour de ta mère, le truc qui est censé, je dis bien censé, être chose acquise. Il faut savoir lâcher l'affaire pour se protéger, pour arrêter de souffrir. Après, on a le droit aux remarques des voisins de ma grand-mère qui ne comprennent pas, « quelle famille indigne, ne pas s’occuper de ses aïeux ». Ouais, c’est sur, ce sont nous les monstres.

Parce que le problème, c’est que lorsqu’un de tes parents devient malade comme ça, change du tout au tout (ça peut arriver, hein) et bien tu peux arriver à passer outre car tu sais que ce n’est pas la vraie personne, tu sais que c’est la maladie qui l’a rendu comme ça. Mais pour ma grand-mère, c’était juste sa nature puissance deux. Comment passer outre cette attitude méchante quand aucun bon souvenir ne te raccroche avec cette personne ? Je comprends qu’ils aient voulu se protéger. J’ai, en revanche, promis à ma mère que même si elle devenait totalement zinzin on ne la laisserait pas comme ça. Dans tous les cas, je ferais en sorte qu’une personne passe souvent, moi ou une aide à domicile. J’essaierais de toujours me souvenir de la personne merveilleuse qu’elle a été pour passer outre son changement d’attitude, Ce qui n’était pas vraiment possible avec ma grand-mère puisqu’elle a toujours été méchante, toujours. Les histoires qui se sont racontées remontaient bien avant la naissance de ma mère.

Bref, ça c’était le petit coup de gueule.

 

Je me suis promis une chose, de ne jamais finir comme elle. Je ne parle pas de sa mort en tant que telle même si ce n’est pas la meilleure des fins possibles. Non, je parle surtout de la façon dont elle a fini sa vie, complètement seule, aigrie, haineuse. Comment peut-on en arriver à se faire détester de chaque personne que l’on connait ? Des personnes qui étaient toutes prêtes à nous aimer ? Je trouve que l’enterrement et la petite fête après sont le reflet de ce qu’a pu être notre vie. Je veux que le mien soit plein de gens, je veux que ça rigole, ça s’amuse parce c’est comme ça que je vois ma vie, c’est comme ça que je veux qu’elle soit et j’espère que c’est comme ça que je la construis. Je veux que les gens aient des choses positives à dire sur moi, je ne veux pas qu’il y ait de regrets à mon enterrement. Car ça voudrait dire que j’aurais raté un truc dans ma vie. Tu me diras, là où je serais ça m’affectera pas plus que ça mais si, quand même. Je veux que les gens soient en paix avec moi, que tout ait été dit, qu’il n’y ait pas quelque chose sur le feu. L’enterrement de ma grand-mère m’aura appris une chose sur moi : je ne veux pas finir seule et je ne veux pas perdre les quelques liens que j’ai avec ma famille et mes amis même si ça se résume à quelques personnes. Ces liens sont importants pour moi et je vais tout faire malgré mon départ au bout du monde (le Canada c’est loin quand même) pour les garder aussi forts qu’ils le sont aujourd’hui.

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Aujourd'hui, ma grand-mère est morte

Enfin, la dernière fois que les voisins l'ont vu c'était le 17 Juillet. Il a fait chaud, très chaud. Je ne veux pas imaginer un corps pourri de deux semaines dans cette chaleur et dans une maison avec le chauffage à fond (elle était zinzin). Les voisins ont appelé les gendarmes qui ont appelé mon oncle. Il n'a pas eu le droit de la voir, beaucoup trop moche, parait-il. Je veux bien le croire.

 

 Je ne l'ai jamais connu, c'était une vraie connasse avec ma mère et en soit, une petite voix me souffle "Bon débarras, maman va enfin pourvoir passer à autre chose. Enfin arrêter d'envoyer enveloppe, papier, stylo, timbre à cette vieille bique pour que celle-ci ne lui réponde jamais". Sauf que.

 

Sauf que ce n'est pas si simple. Je ne peux pas nier les sentiments de ma mère. J'aimerais bien mais je n'y arrive pas. Elle ne pleure pas, en tout cas elle ne l'a pas fait au téléphone mais j'imagine ce qu'elle peut ressentir. Elle ne l'avait pas vu depuis 15 ans. Elle a forcément mal et je ne peux pas l'aider. Je m'occupe de ma maman depuis des années, j'ai fait de grandes études pour pouvoir lui payer un toit sur la tête, la gâter et lui donner tout ce que mon père lui a refusé. Et là, maintenant, quand elle a le plus besoin de moi, je ne peux pas l'aider, je ne peux strictement rien faire. Jeudi, je pars en vacances à Toulouse. Genre, la putain de fille ingrate se casse en vacances pendant que sa mère porte le deuil. Ça me fais mal au cul, j'ai honte de moi. Et en même temps, je n'ai pas envie de lâcher mes vacances, je n'ai pas envie de... J'ai envie d'être égoïste parce que bordel, je ne l'aime pas cette bonne femme. Déjà que vivante elle me les brisait, morte c'est encore pire !

 

Quand je pense à la relation entre ma mère et ma grand-mère je pense inévitablement à moi et mon père. Père a qui je ne parle plus depuis mes 16 ans. Que vais-je ressentir quand il mourra ? Vais-je le pleurer lui ou le rêve d'avoir un père qui ne se réalisera finalement jamais ? Vais-je même pleurer ? Je ne pense pas que l'on se retrouvera un après-midi avec mon frère pour ressasser les bons moments. Quels bons moments, de toute façon ? Vais-je regretter mon choix de couper les ponts ? Est-ce que tout le monde ne mérite pas une deuxième chance, millième dans son cas ? Est-ce que ça fait toujours mal de perdre quelqu'un que l'on n'aime pas, que l'on ne connait même pas ? Pourquoi ? Pourquoi ai-je mal ? Pourquoi ai-je envie de me foutre sous la douche pour pleurer cette femme dont je n'ai en commun que mon deuxième prénom (ou peut-être le troisième, je sais pas) ?

 

Que vais-je ressentir quand ma mère mourra ? Arriverais-je à rester détachée, à me dire que c'est la nature, qu'elle a bien vécu sa vie et qu'elle a fait son temps ? Arriverais-je à être heureuse pour elle, heureuse que ses souffrances se soient arrêtées ? Arriverais-je à ne pas m'effondrer comme une grosse merde sur son cercueil, à accepter de la lâcher, de la laisser partir ? Le Loup s'est rendu compte ce Week-End que ses parents avaient déjà plus de 65 ans, qu'ils sont vieux, qu'ils commencent à être fatigués. Il s'est rendu compte qu'un jour, bientôt, ils vont mourir. Je lui ai dit de se calmer, que c'est la vie, qu'on ne peut rien y faire mais profiter d'eux jusqu'au bout, que c'est normal que nous enfants, voyons nos parents partir. Qu'on aimerait bien qu'ils partent le plus tard possible mais que, quand ça arrivera, on n'y pourra rien. On fera une super fête pour célébrer leur mémoire, on rigolera bien en se rappelant les bonnes vieilles blagues de papa ou la maladresse de maman (c'est ce qu'on a fait pour mon oncle et ce fut un enterrement "trop chouette", ma première cuite et le meilleur souvenir que l'on pouvait avoir de lui, lui qui faisait la fête tous les jours). Ma mère n'a que 48 ans, elle n'en est pas encore là et pourtant. Elle est si fatiguée, 10 ans d'alcoolisme, ça te laisse des marques. Je ne veux pas qu'elle meure, pas tout de suite. Je veux voir ses yeux briller quand je lui achèterais une maison, la voir respirer quand elle aura divorcé de mon père, la voir s'occuper de son petit jardin et de sa petite maison. Je veux la voir vivre, enfin.

 

J'ai l'impression que la mort de ma grand-mère a déclenché un compte à rebours, qu'une salope d'horloge sonne chaque seconde qu'il me reste avec ma mère, j'ai l'impression de voir ces secondes défiler sans que je puisse en faire quoique ce soit. Je ne sais pas quoi faire. Ce soir, pour la première fois je n'ai plus de buts. Tout est vain puisque peut-être ma mère mourra avant que je ne les réalise. Et même si ! Tout ce temps que j'aurais passé à trimer pour la couvrir de diamants n'aurait-il pas mieux servi à ses côtés ? Franchement, j'en sais rien. Ce soir je ne sais plus rien, je n'ai plus aucune certitude et ça me fait chier. Ah, si, je déteste ma grand-mère !

 

Source.

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