Montre moi tes funérailles, je te dirais qui tu étais

Je n’impose pas de limites à mon blog. Il me représente et par conséquent il représente toutes les facettes de ma personnalité. Ma vie n’est pas faite que de nail art ou de maquillage ni de coup de gueule. Mais je peux comprendre que les personnes qui viennent sur mon blog pour la beauté ou pour les billets humeurs (pour reprendre HC) soient dérangées par les autres types d’articles. Je vais essayer de trouver un moyen de mieux catégoriser au premier coup d’œil un article. Pour ceux qui viennent d’HC, pas de problème, je les range déjà par thème. Si vous avez des idées, des conseils, je suis preneuse.

En attendant, je vous préviens que cet article sera moitié beauté et moitié humeur (Pas simple la fille).

 

Mardi, j’ai assisté à l’enterrement de ma grand-mère, seulement mon deuxième enterrement (et heureusement bordel !). Ça n’est jamais une journée facile à passer même si on n’éprouve rien pour la personne.

Un enterrement c’est très symbolique, c’est pour moi le dernier moment pour rendre hommage à une personne. Comme je suis catholique, c’est aussi le dernier moment pour la voir car son âme est là encore une journée. Pour cette raison, je déteste me mettre en noir sauf si la personne adorait le noir. Je suis plutôt du genre à m’habiller selon la couleur préférée du défunt et à faire la fête si celui-ci adorait faire la fête, ou à faire une réunion lecture, etc… (À mon enterrement, les gens devront porter de la paillette, OBLIGÉ et danser sur du Lorie).

Donc, pour l’occasion, je me suis renseignée sur la couleur préférée de ma grand-mère qui est le bleu sous toutes ces nuances. J’ai donc choisis un maquillage, un nail art et une jupe dans les tons de bleu et le reste noir. C’était quelqu’un de toujours soignée, toujours tirée à 4 épingles, je ne me voyais pas arriver négligée.

 

 

 

On est en fin de journée pour les photos, je trouve que ça a bien tenu !

 

 

J'en ai chié deux heures, lundi, pour que ces carrés soient carrés ><

 

Ma mère était très fière de moi, surtout qu’elle allait nous présenter (mon frère et moi) à des gens que nous n’avions jamais vus et c’était important pour elle que l’on fasse bonne impression. C’est important ça pour ma mère, ce que pensent les autres de nous. Alors on était très habillés avec mon frère, limite trop puisque les autres étaient en short. Autant pour l’image !

 

Ma mère m’avait demandé, avant de partir, de ne pas « bitcher » sur ma grand-mère car il allait y avoir des gens qui l’apprécient beaucoup. Soit, de toute façon, je ne me voyais pas la descendre le jour où on lui rend hommage. Même moi je sais me tenir dans ce genre de cas, c’est dire. La journée se passe, la mise en terre, tout ça, on rentre chez ma tante pour discuter, manger un bout et se retrouver autour des souvenirs. Et c’est là que j’ai rigolé très fort à l’intérieur. Je ne me suis permise aucune remarque car je ne la considère pas comme un membre de famille donc je n’avais pas d’avis à donner. À table, il y avait la famille proche, sa seule famille : sa sœur, sa nièce, ses enfants et ses petits enfants. Chaque personne y est allé de son petit mot. Vous savez, normalement, c’est dans ces instants que l’on se rappelle les bons souvenirs, les grands moments. Là, ce fut juste un florilège de toutes les saloperies qu’elle a pu faire à chaque personne, ce qui a conduit à son isolement. C'est-à-dire qu’en 4h de « gouter », à aucun moment quelqu’un à trouver quelque chose de gentil à dire sur elle, même pas sa propre sœur ! Je savais qu’elle avait été méchante après la mort de son mari, une conséquence de sa dépression mais en fait elle a toujours été méchante, c’est dans sa nature. Je comprends mieux pourquoi elle s’est retrouvé seule, complètement coupée de sa famille et que ce soit des inconnus qui l’ont retrouvé morte. À un moment, quelqu’un a sorti que « c’était bien malheureux de finir comme ça ». C’est de notre faute peut-être ? Ce n’est pas comme si ma mère et ses frères et sœurs avaient tout fait pour garder contact avec elle. Elle les a toujours rejetés. Je veux bien être gentille mais faut pas pousser. Ma mère n’est pas une sainte, pas plus que mes oncles et tantes, et je les comprends dans leur démarche de couper les ponts. Tu ne peux pas passer ta vie à quémander un peu d’amour de ta mère, le truc qui est censé, je dis bien censé, être chose acquise. Il faut savoir lâcher l'affaire pour se protéger, pour arrêter de souffrir. Après, on a le droit aux remarques des voisins de ma grand-mère qui ne comprennent pas, « quelle famille indigne, ne pas s’occuper de ses aïeux ». Ouais, c’est sur, ce sont nous les monstres.

Parce que le problème, c’est que lorsqu’un de tes parents devient malade comme ça, change du tout au tout (ça peut arriver, hein) et bien tu peux arriver à passer outre car tu sais que ce n’est pas la vraie personne, tu sais que c’est la maladie qui l’a rendu comme ça. Mais pour ma grand-mère, c’était juste sa nature puissance deux. Comment passer outre cette attitude méchante quand aucun bon souvenir ne te raccroche avec cette personne ? Je comprends qu’ils aient voulu se protéger. J’ai, en revanche, promis à ma mère que même si elle devenait totalement zinzin on ne la laisserait pas comme ça. Dans tous les cas, je ferais en sorte qu’une personne passe souvent, moi ou une aide à domicile. J’essaierais de toujours me souvenir de la personne merveilleuse qu’elle a été pour passer outre son changement d’attitude, Ce qui n’était pas vraiment possible avec ma grand-mère puisqu’elle a toujours été méchante, toujours. Les histoires qui se sont racontées remontaient bien avant la naissance de ma mère.

Bref, ça c’était le petit coup de gueule.

 

Je me suis promis une chose, de ne jamais finir comme elle. Je ne parle pas de sa mort en tant que telle même si ce n’est pas la meilleure des fins possibles. Non, je parle surtout de la façon dont elle a fini sa vie, complètement seule, aigrie, haineuse. Comment peut-on en arriver à se faire détester de chaque personne que l’on connait ? Des personnes qui étaient toutes prêtes à nous aimer ? Je trouve que l’enterrement et la petite fête après sont le reflet de ce qu’a pu être notre vie. Je veux que le mien soit plein de gens, je veux que ça rigole, ça s’amuse parce c’est comme ça que je vois ma vie, c’est comme ça que je veux qu’elle soit et j’espère que c’est comme ça que je la construis. Je veux que les gens aient des choses positives à dire sur moi, je ne veux pas qu’il y ait de regrets à mon enterrement. Car ça voudrait dire que j’aurais raté un truc dans ma vie. Tu me diras, là où je serais ça m’affectera pas plus que ça mais si, quand même. Je veux que les gens soient en paix avec moi, que tout ait été dit, qu’il n’y ait pas quelque chose sur le feu. L’enterrement de ma grand-mère m’aura appris une chose sur moi : je ne veux pas finir seule et je ne veux pas perdre les quelques liens que j’ai avec ma famille et mes amis même si ça se résume à quelques personnes. Ces liens sont importants pour moi et je vais tout faire malgré mon départ au bout du monde (le Canada c’est loin quand même) pour les garder aussi forts qu’ils le sont aujourd’hui.

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Aujourd'hui, ma grand-mère est morte

Enfin, la dernière fois que les voisins l'ont vu c'était le 17 Juillet. Il a fait chaud, très chaud. Je ne veux pas imaginer un corps pourri de deux semaines dans cette chaleur et dans une maison avec le chauffage à fond (elle était zinzin). Les voisins ont appelé les gendarmes qui ont appelé mon oncle. Il n'a pas eu le droit de la voir, beaucoup trop moche, parait-il. Je veux bien le croire.

 

 Je ne l'ai jamais connu, c'était une vraie connasse avec ma mère et en soit, une petite voix me souffle "Bon débarras, maman va enfin pourvoir passer à autre chose. Enfin arrêter d'envoyer enveloppe, papier, stylo, timbre à cette vieille bique pour que celle-ci ne lui réponde jamais". Sauf que.

 

Sauf que ce n'est pas si simple. Je ne peux pas nier les sentiments de ma mère. J'aimerais bien mais je n'y arrive pas. Elle ne pleure pas, en tout cas elle ne l'a pas fait au téléphone mais j'imagine ce qu'elle peut ressentir. Elle ne l'avait pas vu depuis 15 ans. Elle a forcément mal et je ne peux pas l'aider. Je m'occupe de ma maman depuis des années, j'ai fait de grandes études pour pouvoir lui payer un toit sur la tête, la gâter et lui donner tout ce que mon père lui a refusé. Et là, maintenant, quand elle a le plus besoin de moi, je ne peux pas l'aider, je ne peux strictement rien faire. Jeudi, je pars en vacances à Toulouse. Genre, la putain de fille ingrate se casse en vacances pendant que sa mère porte le deuil. Ça me fais mal au cul, j'ai honte de moi. Et en même temps, je n'ai pas envie de lâcher mes vacances, je n'ai pas envie de... J'ai envie d'être égoïste parce que bordel, je ne l'aime pas cette bonne femme. Déjà que vivante elle me les brisait, morte c'est encore pire !

 

Quand je pense à la relation entre ma mère et ma grand-mère je pense inévitablement à moi et mon père. Père a qui je ne parle plus depuis mes 16 ans. Que vais-je ressentir quand il mourra ? Vais-je le pleurer lui ou le rêve d'avoir un père qui ne se réalisera finalement jamais ? Vais-je même pleurer ? Je ne pense pas que l'on se retrouvera un après-midi avec mon frère pour ressasser les bons moments. Quels bons moments, de toute façon ? Vais-je regretter mon choix de couper les ponts ? Est-ce que tout le monde ne mérite pas une deuxième chance, millième dans son cas ? Est-ce que ça fait toujours mal de perdre quelqu'un que l'on n'aime pas, que l'on ne connait même pas ? Pourquoi ? Pourquoi ai-je mal ? Pourquoi ai-je envie de me foutre sous la douche pour pleurer cette femme dont je n'ai en commun que mon deuxième prénom (ou peut-être le troisième, je sais pas) ?

 

Que vais-je ressentir quand ma mère mourra ? Arriverais-je à rester détachée, à me dire que c'est la nature, qu'elle a bien vécu sa vie et qu'elle a fait son temps ? Arriverais-je à être heureuse pour elle, heureuse que ses souffrances se soient arrêtées ? Arriverais-je à ne pas m'effondrer comme une grosse merde sur son cercueil, à accepter de la lâcher, de la laisser partir ? Le Loup s'est rendu compte ce Week-End que ses parents avaient déjà plus de 65 ans, qu'ils sont vieux, qu'ils commencent à être fatigués. Il s'est rendu compte qu'un jour, bientôt, ils vont mourir. Je lui ai dit de se calmer, que c'est la vie, qu'on ne peut rien y faire mais profiter d'eux jusqu'au bout, que c'est normal que nous enfants, voyons nos parents partir. Qu'on aimerait bien qu'ils partent le plus tard possible mais que, quand ça arrivera, on n'y pourra rien. On fera une super fête pour célébrer leur mémoire, on rigolera bien en se rappelant les bonnes vieilles blagues de papa ou la maladresse de maman (c'est ce qu'on a fait pour mon oncle et ce fut un enterrement "trop chouette", ma première cuite et le meilleur souvenir que l'on pouvait avoir de lui, lui qui faisait la fête tous les jours). Ma mère n'a que 48 ans, elle n'en est pas encore là et pourtant. Elle est si fatiguée, 10 ans d'alcoolisme, ça te laisse des marques. Je ne veux pas qu'elle meure, pas tout de suite. Je veux voir ses yeux briller quand je lui achèterais une maison, la voir respirer quand elle aura divorcé de mon père, la voir s'occuper de son petit jardin et de sa petite maison. Je veux la voir vivre, enfin.

 

J'ai l'impression que la mort de ma grand-mère a déclenché un compte à rebours, qu'une salope d'horloge sonne chaque seconde qu'il me reste avec ma mère, j'ai l'impression de voir ces secondes défiler sans que je puisse en faire quoique ce soit. Je ne sais pas quoi faire. Ce soir, pour la première fois je n'ai plus de buts. Tout est vain puisque peut-être ma mère mourra avant que je ne les réalise. Et même si ! Tout ce temps que j'aurais passé à trimer pour la couvrir de diamants n'aurait-il pas mieux servi à ses côtés ? Franchement, j'en sais rien. Ce soir je ne sais plus rien, je n'ai plus aucune certitude et ça me fait chier. Ah, si, je déteste ma grand-mère !

 

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Je ne passerais jamais mon permis parce que

-Je serais capable de bousiller ma voiture à freiner sec pour donner une leçon au mec qui me colle au cul. (Si si et après je le regretterais mais ça sera trop tard)

-J’aurais peur de bousiller ma voiture en freinant sec à cause d’un lapin/tortue/enfant et que le mec derrière me rentre dedans. (Légère mais importante nuance avec celle d’au dessus).

-Je n’ai pas envie d’avoir à zigzaguer entre les voitures bloquant le carrefour pour passer. Voitures qui bloquent parce qu’elles sont passées à l’orange/rouge alors qu’il y a déjà une file de malade. (Neuneu !)

-Je ne veux pas me retrouver en prison parce qu’un abruti de gamin aura sauté sur la route parce que «ô, qu’il est zoli le papillon » sans réfléchir au faite que ni le trottoir ni la route ne sont des terrains de jeux ou qu’un abruti de jeune aura traversé en dehors du passage piétons en passant bien derrière un camion pour ne pas qu’on puisse le voir et ralentir. Le piéton furtif est ton pire ennemi (c’est du vu, heureusement que la voiture avait des sacrés freins !)

-Je ne veux pas être dégoutée parce qu’un abruti aura eu son permis et pas moi et qu’il s’en servira pour griller des feux, trainer un pote en vélo sur le périph' ou d’autres joyeusetés qui resserrent les liens de l’amitié. (Et de mes mains autour de leur cou) (la jalousie est un vilain défaut !)

-Je ne veux pas devoir me faire klaxonner parce que je me serais arrêtée pour laisser passer un piéton (nan, mais c’est quoi ces gens qui s’arrêtent devant un passage piéton ?! Ça sert tellement à rien !). Ou pire, voir un piéton se faire écraser parce que le connard derrière moi aura trouvé con de s’arrêter en plein milieu de la route et m’aura donc doublée, écrasant de ce fait le piéton qui traversait (du vécu, ma sœur s’en souvient encore, heureusement qu’elle a entendu le moteur de l’abruti accélérer et qu’elle a hésité avant de s'avancer sur la passage piéton).

-Je ne veux pas devoir rouler à 10 à l’heure parce que des abrutis roulent avec des quads et se lèvent sur deux roues pour la jouer cool car je ne veux pas en écraser un quand il tombera. Enfin, je ne veux pas aller en prison pour ça car les écraser j’en rêve !!!

-Je ne veux pas passer mes nerfs sur mon mec/ami/chien qui sera dans la voiture avec moi pour râler sur les connards d’automobilistes qui ne savent pas respecter une priorité à droite.

 

 

Source.

 

Je préfère rester une piétonne pour :

- Passer entre deux véhicules dans un espace aussi fin que la ficelle du string de ma belle-mère parce qu’un connard s’est avancé sur le passage piéton.

- Courir pour traverser au bonhomme vert car 4 rangées de voitures ont  décidé de griller le feu, me roulant presque dessus au passage. (En même temps, avec tous les piétons qui grillent le feu les empêchant d’avancer je les comprendrai presque. Presque seulement).

- Risquer ma vie à descendre sur la route à chaque fois que des abrutis se gareront sur le trottoir et non pas à côté. (La vie est un immense jeux vidéo)

-La même mais avec les maman à poucettes qui font block de 4, prenant le trottoir à elles seules parce  que NAN , elles ne peuvent pas attendre une minute pour finir leur passionnante histoire d’ épisio. Ça marche aussi avec les couples ou tout autre groupe de personnes indécollables.

-Marcher 1km parce qu’il n’y aucun putain de passage piéton sur cette route de m***, sur de la terre battue en plus car les trottoirs c’est trop surfaits en 2013 <3

-Arrêter des gens qui vont passer au petit bonhomme rouge et empêcher les voitures d’avancer et limite te faire frapper car tu les as obligé à respecter le code la route ! Complètement ouf la meuf ! Tellement mieux de bloquer tout un périph, zone déjà à tendance aux embouteillages.

-Esquiver vélos et même scooters qui trouvent que les trottoirs ça va carrément plus vite et c’est tellement plus pratique. « Tain mais c’est quoi tous ces gens qui marchent là et qui m’empêchent d’avancer ?! », qu’ils se disent.

 

Il y aura toujours quelqu’un ou quelque chose qui te fera râler. Est-ce une raison pour le faire ? Veux-tu vraiment perdre du temps, leur donner de ton temps à leur râler dessus ? Dans toute situation tu trouveras toujours une raison de ne pas être content, c'est la vie. Alors ne laisse jamais personne t'empêcher de faire quelque chose par sa conduite. Le jour où je verrais la nécessité de passer mon permis je le ferais et ce ne sont pas tous ses abrutis qui m'empêcheront de le faire. Car, si je me laisse influencer par eux alors je ne ferais plus rien et resterais cloitré dans mon appartement et encore ! Je suis sûre que j'arriverais à trouver à me plaindre d'avoir un appartement plutôt qu'une maison et vice-versa. ;)

Si j’étripe l’un d'eux, vais-je me sentir soulager ? Non, déjà parce que deux minutes plus tard  je serais chopée par les flics mais aussi parce qu’ il y en aura un autre qui fera joujou avec son scooter sans faire attention aux gamins qui traversent la route. C’est comme ça. On peut y voir une sorte de défaitisme, j’y vois de l’optimisme. J’essaye de ne pas laisser les râleries quotidiennes me gâcher ma journée et m’empêcher de profiter de ce que j’ai. Ok, la route a été longue mais ça ne sert à rien de ressasser et de t’énerver pour ça. Ils n’en valent pas la peine et c’est te miner le moral pour rien. Tous ces gens ne sont pas importants. Odile essaye en ce moment de s’empêcher de râler et c’est en lisant son article que j’ai pensé à celui-ci.

Ne laisse jamais quelqu’un t’empêcher de vivre sous prétexte que ça te fait chier. Fais de ton mieux avec ce que tu peux, laisse les autres faire leur merde et  il y aura forcément un juste retour des choses (je crois au karma et à ces p’tites choses là).

Garde ton clame, reste zen et souris :)

 

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Mais comment êtes-vous arrivés là ?!

Il y a deux semaines, je me suis assise et je l’ai senti. Le bourlnichon. Ce (petit) bourrelet qui se replie sur la baleine de ton soutif quand tu t’assois. Le fameux bourlnichon. Je me suis dit, rrooo bon hein ! On va arrêter les deux-trois (quatre ?) restos par semaine et définitivement adopter un bon régime de vie.

J’ai donc commencé à faire des règles, parce que j’adore les règles car j’adore la sensation que te procure le fait de les respecter (shhhuuuuuttt, ne dis rien). On mange bien mais on garde la gourmandise, un resto par semaine maximum ! Une part de féculent chaque jour, soit le midi soit le soir et toujours un ou deux fruits dans la journée (suivant ceux qui étaient pas trop pourris au Auchan). J’ai intégré le sport quotidiennement à petite dose car je ne veux pas me dégouter et je veux me donner le temps de progresser à mon rythme. (avant je courrais énormément, avant genre il y a 2 ans. Mais une tendinite sur 6 mois m'a définitivement coupé avec la course :s)

Et dimanche, je me sentais super bien, légère, je voyais les effets sur mon ventre, plus ferme, plus de bourlnichon, parfait ! Je me suis dit « haaa,  je suis revenue à mes chers 50 kilos. Je me sens bien .» et dans la foulée je me suis pesée.

58 kg.

Cinquante-huit putain de kilos !!!! Mais Comment ? Quand ? Où ? (Oui, tu peux dire dans mon cul et autour)

J’arrive pas à le croire. J’y arrive pas. Je ne les vois pas. Je ne me trouve pas si grosse et pourtant, j’ai lesté mon corps de 10 kg (oui parce que j’estime avoir perdu 2kg) sans m’en rendre compte. Tu dois te dire « nan, mais elle exagère ! ».

T’as déjà essayé de porter 10kg d’eau ? Vas-y, teste.

 

 

Source.

 

Nous sommes d’accord, c’est énorme et ça ne peut pas passer inaperçu. Je pensais tout au plus en avoir pris 5 mais 10 ? Que les autres ne le voient pas, pourquoi pas. Il a fait froid, j’ai toujours été en jean ou en collant très serrés sous mes robes. Ceci peut expliquer cela. Mais moi, comment ais-je fait pour ne pas le voir ? Pour m’être mis de telles œillères ?

Le problème n’est pas tant le poids que je fais mais le poids que j’ai pris sans m’en rendre compte. Insidieusement, sournoisement, ces kilos se sont installés sans que je ne vois rien. Quand je me regarde, je ne vois que deux-trois kilos en trop. Deux-trois oO Je suis tellement à côté de la plaque ! Je ne comprends pas comment je peux être autant aveugle sur ce que je suis, ce que je pèse et ce que je mange chaque jour.

Parce qu’il est là, le problème. Je mange mal, je mange trop et je ne le vois pas. Maintenant, je peux comprendre comment des gens arrivent à 400 kg (je pense à l'homme le plus gros du monde mort récemment). Au début ça va, tu prends du poids mais tu ne le vois pas. Et quand le poids commence à devenir conséquent, vingt-trente kilos, la machine est déjà en marche et ça devient dur de revenir en arrière. Parce que tu es bien, tu ne vois pas de problèmes, tu t'es habituée à ce poids et cette alimentation.

Je me suis toujours dit que noter ce que l’on mange ça ne servait à rien, qu’on était quand même capable de se retenir, de savoir qu’on a atteint le quota de Pringles. Et bah il semblerait que non. Quand je pense aux trois Pringles mangés dimanche, je pense être plus proche des dix, peut-être plus, qui sait ? Je ne peux plus faire confiance à ma mémoire.

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Attend, ça s'fait pas de balancer !

 

 

Je vais te conter une petite histoire.

 

Il était une fois, Gertrude qui prenait le bus chaque matin pour aller à l'école. Chaque matin, elle voit les mêmes gens aux mêmes horaires prendre le bus en même temps qu'elle. Et puis un jour, l'une de ces personnes fait tomber un billet de 5 euros par terre, lorsqu'il va pour valider son ticket. Avant que Gertrude puisse réagir, quelqu'un récupère le billet et le met dans sa poche.  Lorsque la personne qui a perdu son billet regarde autour d'elle, fouille ses poches, Gertrude sait ce qu'elle cherche mais elle ne dira rien. Parce que ce n'est que 5 euros et puis, ça ne se fait pas de balancer.

 

Un jour, Gertrude perdra un billet et ne le retrouvera pas, elle non plus.

 

Je pourrais t'en conter mille des histories comme ça. Des histoires de tous les jours, des histoires où, j'en suis sûre, tu te retrouveras dans au moins un de ces personnages. Celui qui est volé, celui qui vole et celui qui a vu. C'est ce troisième qui est important. Celui qui pourrait changer les choses mais qui n'en fera rien.

 

Essayons d'analyser un peu ce qui a pu se passer dans la tête de Gertrude. Pourquoi n'a-t-elle rien dit ? Peut-être parce qu'elle avait peur des représailles. De qui, de quoi, on ne saura pas. Tout le monde ne se ballade pas avec quinze mille cousins collés aux basques. Peut-être aussi a-t-elle hésité et s'est dit "trop tard, c'est fait, c'est fait". Comme si rien ne pouvait être changé, comme si le voleur avait déjà fait disparaître le billet et qu'il n'y avait plus de preuve. Peut-être aussi, finalement, par timidité. Gertrude ayant une nature discrète n'a-t-elle pas osé prendre la parole en public, que tout le monde la regarde.

 

Plutôt que d'essayer de comprendre l'attitude de Gertrude, j'aimerais juste que l'on se mette dans la tête de la personne qui a perdu son billet, que nous appellerons Teddy.

"Merde, je suis vraiment trop con !"

"J'aurais quand même pu faire plus attention ! "

"Mais comment est-ce que je vais pouvoir payer mon ticket de bus pour rentrer chez moi ? "

Eh oui, parce que si 5 euros ce n'est rien pour vous, il n'en est pas forcément de même pour tout le monde. Et que, peut-être, vous êtes en train de mettre quelqu'un sérieusement dans la mouise. Teddy ne pourra pas s'acheter son ticket de bus, il devra marcher pour rentrer chez lui et mettra 1 heure, 2 heures, qui sait ? Peut-être qu'il devra appeler sa femme, qui viendra le chercher mais qui devra laisser les enfants seuls à la maison. Pensez à toutes les réactions en chaîne que cela peut amener, à tous les problèmes que vous pourrez faire subir, tout ça parce que vous n'avez pas voulu dénoncer ? Pour "sauver" une personne vous en avez mis 4 dans la merde ?
 

Maintenant, j'aimerais que vous vous mettiez à la place de Teddy. Que ce soit vous les agressés. Et comme je sais que je suis majoritairement lue par des femmes, je vais changer un tout petit peu mon histoire.

 

Il était une fois, Gertrude qui prenait le bus chaque soir pour rentrer de l'école. Chaque soir, elle voit les mêmes gens, aux mêmes horaires prendre le bus en même temps qu'elle. Chaque soir, un groupe de mecs l'attend à l'arrêt du bus, l'entoure jusque chez elle. Sur le trajet, ils la poussent, la bousculent, soulèvent sa jupe, rigolent grassement. Chaque soir, les passagers voient bien que ce ne sont pas ses amis mais ils ne disent rien. Parce que ça ne se fait pas de balancer.


Sauf que chaque soir, Gertrude se fait violer par ces mêmes gars, dans un appartement et que tous les jours, quelqu'un pourrait l'aider à s'en sortir, à sortir de cet enfer. Il suffirait d'un appel, un simple appel à la police. Un geste héroïque qui n'engagerait même pas votre santé.

A ne rien dire, on pousse ces criminels à se croire dans leur bon droit, intouchables, et nous à nous penser coupables. Dénoncer est devenu un délit dans l'esprit des gens.

 

J'aimerais que pour une fois, pour une toute petite fois, tu penses à ce que toi tu aimerais que l'on fasse pour toi. À ce qu'il pourrait t'arriver si tu perdais de l'argent, ton téléphone portable, si tu te faisais embêter (pour ne pas dire harceler) dans le métro par des lourdingues qui se pensent charmants. J'aimerais que tu penses non pas dans ta petite bulle de sécurité où tu es tout seul mais dans la communauté qui t'entoure. Dans cette communauté où nous vivons et où le moindre geste bienveillant envers les autres peut changer énormément de choses. Tu sais, dénoncer n'est pas un gros mot, ni un crime. Dénoncer, c'est la base de la justice.

 

Et si parfois la dénonciation anonyme permet de sauver des vies, je pense lors de grosses affaires contre la Mafia ou d'autres grands groupes, je trouve que cette pratique prend des proportions affolantes ! On en arrive à vouloir dénoncer anonymement les gens qui font de mauvaises ventes sur certains sites. Parce que l'on n'assume pas d'accuser quelqu'un de voler. C'est lui qui a volé, c'est lui le coupable mais c'est nous qui avons honte. Vous voyez pas comme un hic là dedans ?

 

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