Si on m'avait dit...

 

Que je la détesterais.

Que je lui crierais dessus, tout le temps, de fatigue, de colère et d'épuisement.

Qu'elle ne dormirait pas. Que je n'aurais pas fait une nuit complète depuis 7 mois.

Que, parfois, souvent, je rêverais de cogner sa tête contre les barreaux du lit pour qu'elle se taise et me laisse dormir.

Que je passerais mon temps à osciller entre la haine et l'amour. Entre les larmes et les rires.

Que je l'insulterais pour ne pas le frapper. Que je crierais pour ne pas la tuer.

Que je serais à bout, épuisée, fatiguée et tout ça très, trop, rapidement.

Que lorsqu'elle serait là, je rêverais qu'elle dorme et quand elle dormirait, je resterais là, à côté du lit, à la regarder dormir.

Qu'elle me manquerait alors même qu'elle est encore avec moi.

Que je serais complètement émerveillée de ses progrès alors même que j'avais dit que la prériode mons de un an ne m'intéressait pas.

Que je lui achèterais pleins de fringues. Les fringues que je ne peux pas m'acheter (rapport aux kilos en trop t'as vu).

Qu'on la laisserait pleurer. 2 fois. Qu'on se flagèllerait pour ça, qu'on culpabiliserait et qu'on en pleurerait.

Que j'aimerais l'odeur de son haleine. De son vomi et même de son caca !

Que je mettrais un casque pour ne plus l'entendre pleurer mais que je ne mettrais pas la musique trop fort pour l'entendre quand même un peu. Juste pour être sûre.

Que je m'en assècherais les yeux à la regarder de peur de louper une seule micro seconde avec elle !

Que je m'excuserais un milliard de fois d'être méchante, violente, épuisée. D'être mère, sa mère.

Que j'en pleurerais de ne pas la voir dormir. Que je m'inquiéterais de la voir trop dormir...

 

Aurais-je quand même fait un enfant ? Je crois, oui. Sur le coup, l'envie est si forte et on connait tous une amie dont l'enfant fait des nuits de 12h depuis son premier mois. Est-ce que je regrette ? Oui. Parfois. Pas trop mais de temps en temps, quand même. 7 mois sans avoir dormi plus de 5h de suite ça vous change une personne. Je me pensais plus forte que ça, je pensais l'amour que je porte à mon bébé plus fort que ça. Mais non. Je suis humaine, vous êtes humains alors arrêtons de culpabiliser. S'excuser ? Oui. S'en ronger les ongles sur la probable implication de nos actes sur son soi futur ? Non. Ce qui est fait est fait, allons de l'avant, trouvons des solutions et aimons nos enfants comme on peut. Parfois dans les larmes, souvent dans les rires et toujours dans les bras l'un de l'autre.

Je t'aime bébé Fluffy. Je ne te le dis peut-être pas assez mais je n'en pense pas moins.

 

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Commentaires (2)

  • Invité (Soutchay)

    Permalien

    Attendrissant et pourtant si vrai, beaucoup d'amour dans ce texte.
    Je pense qu'on se retrouve toutes dans tes mots, enfin, peut être pas sur tout non plus.

  • Invité (Fluffy)

    En réponse à: Soutchay Permalien

    Ahah, une sale période pour moi où la petite se réveillait toutes les heures. Mon état d'esprit a biiiieeennn changé depuis mais me relire là me rappelle que ouais, parfois ton enfant t'en peux plus mais c'est pas grave, c'est juste passagé et ça ne reflète pas ce qu'on a vraiment dans notre coeur. :)

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