Esti d'collègues !!!

 

Je sais que ça va vous paraître fou mais j’ai eu un travail. Si, si, un jour je me suis levée, j’ai passé un entretien d’embauche et j’ai eu le job. Enfin, la job*. À une époque, tous les matins, je me maquillais d’un œil, l’autre étant resté au lit, je prenais une photo viteuf pour le blog (et pour que les voisins me prennent pour un mannequin) et je filais au travail, heureuse de retrouver mon bureau, mes projet et mes collègues.

Depuis que je suis « sur le marché du travail » (quelle expression... Classe, n'est-ce pas ?), j’ai fait quelques entreprises maintenant et j’ai donc eu un peu toutes sortes de collègues. De toute façon, tu regroupes dans un même espace des gens de tous bords et t’es sûr d’avoir une main assez explosive.

T’as le mec qu’on ne comprend pas. En France c’était un prestataire, ces rebus des sociétés, relégués, dans mon service, à manger seuls dans une petite salle loin de nous (ambiance, ambiance…) qui était vietnamien et surtout pas très au fait du français. Ici, c’est le gaspésien bien d’chez lui là et qui ne fait aucun putain d’effort pour que toi, pauvre newbie de la parlure québécoise, tu puisses comprendre. C’est simple, à la fin, je ne lui parlais plus et je rasais les murs des couloirs pour l’éviter. Oui, parce que comble du truc, lui, il a très très envie de te voir galérer. C’est même son passe-temps favoris !

T’as la meuf psychorigide. Il faut que les tupperwares soient tous lavés et alignés en lignes droites parallèles sur l’égouttoir. Gare à toi si tu en décales ne serait-ce que le coin d’un ! Elle viendra te hanter jusque chez toi ! Mais ça, c’est quand tu ne la croises que dans les couloirs ou la cuisine. Quand tu dois faire équipe avec, c’est une toute autre histoire… « J’ai refusé ta livraison car tu n’as pas espacé tes lignes de code d’un saut de ligne ! » tout en hochant la tête pour bien insister sur ton ÉNORME faute (selon elle, toujours). Je ne suis évidemment pas ce genre de nana, noooooonnn….

T’as le « rigolo ». Et l’utilisation des guillemets est essentielle dans ce cas. Parce qu’il n’y a bien que lui pour se trouver rigolo ! Entre ses interruptions continuelles pour te raconter une bêtise de son fils (j’ai rien contre les enfants… Enfin, les miens. Ceux des autres, c’est très simple : JE M’EN BRANLE) et ses niaiseries en réunion, t’as juste envie de foutre sa tête dans les chiottes, tirer la chasse d'eau et hurler « ET LÀ ??? C’EST DRÔLE ???!!!! ON S’MARRE, HEIN ???!!!! ».

T’as le mec qui sait tout. J’ai aussi eu la meuf mais en général ce sont les mec les plus friands de potins. Comme quoi, le fait d’en être privé depuis l’enfance, ils se vengent plus tard. Incroyable comme ça bavasse autour de la machine à café ! Ça ne m’étonnerait pas d’apprendre le début d’une 3ème guerre mondiale entre deux chocolats chauds, double café et double sucre. Et qu'on ne me dise plus que les mecs ne s'intéressent jamais à rien ! Ils choisissent juste leur sujet ;)

T’as le branleur. Je ne l’ai pas eu tout le temps dans mon équipe mais une fois suffit à vous marquer À VIE ! C’est horrible comme c'est frustrant de te déchaîner pour rendre le projet à temps mais en fait, non, car môsieur n’a pas fait aucune heure sup' pour finir son travail. C’est limite s’il n’a pas fait des heures en moins juste pour faire chier son monde. Une chance qu’il ait été un prestataire puisqu’on a pu, tout simplement, ne pas reconduire son contrat et prendre quelqu’un d’autre. Mais ces quelques mois avec lui m’ont valu des cheveux blancs… Et putain, j’ai déjà pas beaucoup de cheveux mais alors, s’ils sont blancs, ça va chier !!!

 T'as Mère Thérésa. Ça peut aussi être un père mais c'est bien une femme que j'ai connu à ce rôle. Mère Thérésa est toujours là, à te proposer son aide, désespérée de trouver autre chose à faire que les tâches qui lui ont été assignées. Et, autant, j'ai aucun problème à accepter de l'aide de temps en temps mais je suis encore capable d'aller chercher la feuille que je viens d'imprimer. T'es bin fin mais non merci !

Et, enfin, t’as le Big Boss. Pas le boss cool, que t’invites chez toi et qui se démène pour que ton taff te plaise (oui, j’ai connu ça, jalousez-moi). Non, celui-là… C’est celui qui t’accueille le matin du premier jour de ton deuxième mois avec un « Bonjour Mlle Fluffy, vous avez été virée ! ». Un blanc, aucun sourire. Toi, tu commences à chialer ta race et à réfléchir à comment rendre cette superbe paire de chaussures achetées la veille avec ton salaire tout neuf et l’autre de te sortir ensuite, la main sur l’épaule « Votre salaire, Mlle Fluffy ! Votre salaire ! Fallait pas faire cette tête ! ». Voilà. CE GENRE de boss. Le genre de boss qui ne devrait être le supérieur que d’eux-mêmes, c’est trop dangereux autrement.

 

Même après avoir fait le tour des gens relous en entreprises bah… J’ai quand même envie d’y retourner. Les ragots de la machine à café me manquent. Le mec qui parle trop fort au téléphone me manque. Celui qui parle à voix haute devant son ordi aussi. Pas le Big Boss en revanche, hein, faut pas déconner, je suis déjà assez stressée comme ça !!!

J’aime mon congé parental et imaginer quitter ma fille est pour moi un déchirement que je ne suis pas prête à vivre, pas tout de suite tout du moins. Mais je sais qu’un jour ce long congé (j’ai quand même arrêté de taffer à 5 mois) va se finir et je sais qu’au fond de moi, je serais contente. Presque soulagée de fermer cette parenthèse de ma vie. C'est qu'chuis un peu tannée d'être un distributeur de lait, une laveuse, nettoyeuse et rangeuse ! Chuis aussi une ingénieure avec des vrais diplômes, imprimés et tout !

 

Bref, esti d'collègues, j'vous aime bien !

 

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