Les dents de Montréal

 

J'avais décidé de prendre un petit déjeuner dehors, une petite folie que je ne m'octroie pas souvent, pas assez à mon goût en tout cas.

Je me suis installée pépère avec mon bol de chocolat chaud, mes tartines beurrées et mon jus d'orange sur ma chaise qui fait aussi transat (l'innovation n'a plus AUCUNE limite). J'ai lancé une vidéo Youtube pour me vider la tête m'occuper quand j'entendis un bruit (on n' utilise jamais assez le passé simple). Je me suis  retournée vers le jardin mais je ne vis rien. J'avais bien senti la cigarette de mon voisin mais je ne pensais pas qu'il allait avoir le culot de la fumer dans mon jardin en plus !

Je relança ma vidéo et me détendis sous les premiers rayons du soleil (cette histoire date d'il y a quelques jours. Semaines. Bon, OK, des mois !). CRAC ! J'entendis de nouveau ce bruit mais plus fort cette fois-ci. Je me retourna, une nouvelle fois (j'ai que ça à faire les gars), bien décidée cette fois-ci à trouver l'origine de ce bruit qui m'empêchait de m'abrutir devant la télé !! C'est en voyant un feuille flotter au vent que je pensai, enfin, à lever les yeux.

 

Ils étaient là.

 

Je n'en voyais que deux pour le moment mais les autres ne devaient pas être loin. Il allait falloir que je me dépêche de finir de manger avant que je n'ai à me battre contre eux.

Et si vous ne comprenez pas ma peur, venez que je vous explique ce que sont les écureuils à Montréal. Naaan, c'est une expression, restez sur votre chaise. Les écureuils sont responsables des poubelles déchiquetées qui jonchent le sol, des câbles d'électricité rongés et du trou dans la couche d'ozone. Rien que ça.

Ni une, ni deux, je me rassis et commença, alors, une course contre la montre. Je les voyais sauter et virevolter autour de moi, essayant de me distraire mais je tenais bon et j'arrivais à tenir le rythme d'une bouchée par demi minute.

 

La dernière gorgée de mon jus d'orange bio du Canada à seulement 4.99$ (steuplait) avalée, j'en aperçut un du coin de l'œil sur la rambarde de mon balcon.

Ils n'avaient peur de rien ! Quand ils allaient voir qu'il n'y avait plus rien à becter, j'avais intérêt à être loin sinon c'était sur moi qu'ils risquaient de se venger ! (Et c'est qu'il y avait de quoi bouffer à ce moment là) (encore maintenant, ceci dit)

J'ai remballé mes affaires plus vite qu'un vendeur à la sauvette dans la ligne 13 et j'ai sauté dans la maison, laissant encore quelques miettes retomber derrière moi. J'ai fermé la porte à double tour et je les ai vu se jeter sur celles-ci, tels des chiots devant un poulet en plastique qui fait pouet. Je réalisa que j'étais assise à cet endroit là il n'y avait même pas une minute et je sentis ma paranoïa débouler de plus belle !

Ouf ! C'était moins une !

 

 

 

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