Chapitre 1 : Plus tard, je serais...

Je sais que ça fait un moment et vous auriez pu croire que j'avais abandonné... MAIS NON ! Je compte bien finir cette histoire parce que j'ai envie de me prouver à moi-même que je peux écrire un roman, en entier, mêm si celui-ci est nul à chier. Voici donc la deuxième partie du premier chapitre de mon Conte pour Petits et Grands (si tu ne l'as pas déjà lue, 1ère partie ici).

 

 

Après le moment de surprise passé, tous les élèves rigolèrent :

-C’est pas un métier ça ! lui dit Karim en roulant exagérément des yeux.

-Et pourquoi pas Mère Noël pendant que tu y es ? Sorti Marion en jetant un regard à Mr Cédrique pour avoir son approbation. Marion n’est pas n’importe quelle élève, elle est l’ennemie jurée d’Alie : 1ère de la classe, elle est appréciée de tous et son père est président du comité des parents d’élèves.  L’opposée même d’Alie dont les notes sont fluctuantes et la mère est inexistante à l’école. Sans qu’il n’y ait jamais vraiment eu d’accrochage entre elles deux, aucune amitié n’aurait pu se faire non plus. Alie ressentait comme un mur entre elles et toutes les occasions étaient bonnes pour Marion de se moquer d’Alie.

Mr Cédrique n’avait quant à lui encore rien dit même si un petit sourire s’était dessiné sur ses lèvres à l’écoute de cette annonce pour le moins… Osée. Il toussota avant de prendre la parole :

-J’admire ton souhait Alie mais… L’exercice consiste à proposer des métiers qui existent vraiment, tu comprends ?

-Et pourquoi ça n’existerait pas ? Rétorqua Alie avec beaucoup d’aplomb malgré son cœur qui battait très fort dans sa poitrine. Elle n’aimait pas être au centre de l’attention, ce n’était en règle générale pas une bonne chose.

-Voyons Alie, as-tu déjà vu une « marraine la fée » ? Demanda le professeur en appuyant bien les guillemets avec ses doigts. Certains élèves, pour se moquer d’elle, refirent le même geste.

-Non mais ça ne veut pas dire qu’elles n’existent pas. C’est un métier très secret comme les espions !

Alie était fière de son exemple et celui-ci fit mouche auprès de certains de ses camarades.

-Et comment tu vas faire sans ailes ? Insista Marion qui s’amusait de la situation.

-Ni pouvoirs magiques enchérit Elise, la meilleure amie de Marion.

Alie voulu répondre mais elle se ravisa car elle n’avait rien à dire. Effectivement, elle n’avait ni ailes pour voler ni pouvoirs magiques pour exaucer des vœux. Elle baissa la tête et regarda ses mains posées sur ses genoux.

-Veux-tu proposer autre chose Alie ? Demanda Mr Cédrique gentiment, essayant d’améliorer la situation.

-Non, dit-elle en secouant la tête, la tête toujours baissée et Mr Cédrique passa aux autres élèves.

Le cours continua ainsi et Alie espérait que son intervention serait oubliée avant la pause midi. Elle avait maintenant honte d'avoir proposé ça. C’était toujours ainsi : elle avait une idée qu’elle pensait géniale et la regrettait aussitôt faite, se flagellant mentalement pour toujours se mettre dans les pires situations.

 

« Mais pourquoi faut-il toujours que je dise des bêtises comme ça ? » Maugréa-t-elle en passant le grand portail. Les cours s’étaient terminés finalement tranquillement pour Alie. Son intervention n’avait pas changé grand-chose à sa routine, personne ne l’avait plus embêté que d’habitude pendant son repas et la journée s’était poursuivie sans encombre. Alie serra les angles de son cartable au maximum et commença à trottiner sur le chemin du retour. Elle avait pris cette habitude pour décourager ceux qui voudraient lui faire du mal car alors il leurs faudrait lui courir après. Aussi, elle ne prenait jamais le même chemin pour rentrer, comme cela, impossible de la piéger en l’attendant au coin d’une rue. Tout cela peut sembler compliqué pour quelqu’un d’extérieur mais Alie y était habitué depuis si longtemps qu’elle n’y pensait même plus et faisait tout cela, tristement, par réflexe.

Arrivée à l’orée des bois, aux abords du village, Alie ralentit et s’assit sur rocher pour reprendre son souffle. Elle aurait bien aimé pouvoir arrêter de faire tout ça mais elle avait peur de ce qui pourrait lui arriver si elle se faisait piéger à nouveau. La dernière fois, iels l’avaient poussé à l’en faire tomber jusqu’à ce qu’elle arrive à courir plus vite qu’elleux. C’était presque une seconde nature pour Alie de parler trop vite et de le regretter aussitôt, elle ne réussissait jamais à s’en empêcher. Cela lui causait bien des ennuis, attirer l’attention quand on n’est pas populaire dans son village n’est vraiment pas une bonne idée. Elle avait essayé d’en parler à sa mère, une fois, mais celle-ci avait balayé ses arguments de la main et lui avait dit qu’elle exagérait et que ce n’était surement pas aussi « horrible ». Elle avait conclu la conversation en lui disant que si elle ne s’endurcissait pas un peu plus elle n’avancerait pas dans la vie. Alie se disait tout le temps que si elle avait des pouvoirs magiques elle obligerait tout le monde à être gentils avec elle. Elle se remit en marche vers sa maison qui se trouvait au bout du chemin, plongée dans l’ombre des grands arbres de la forêt qui l’encerclaient.

« Je suis rentrée maman ! » Cria Alie en refermant difficilement la grande porte cassée de l’entrée. Elle courut directement vers sa chambre qui se trouvait au rez-de-chaussée, tout au bout d’un long couloir qui longeait les escaliers, la cuisine et les toilettes. Elle entra dans sa chambre et referma la porte d’un coup de pied tout en jetant sous son bureau de travail encombré de toutes sortes d’objets. Elle n’avait toujours pas finit son livre alors elle s’installa sur son lit et l’ouvrit à la dernière page lue. Le livre qu’elle lisait parlait de chevaliers, de dragons et de princesse à sauver. Alie aimait s’imaginer vêtue d’une armure, brandissant une épée devant un dragon dont les naseaux fumeraient de colère. Elle donnerait deux coups de sa lame dans le cou de la bête et celle-ci tomberait à ses pieds. Victorieuse, elle irait sauver son prince, ils l’emmèneraient dans sa famille où ils vivraient heureux pour toujours. Alie avait beaucoup trop d’imagination, lui disait toujours sa mère et elle en profitait pour inventer des tonnes d’histoires avec toujours une fin heureuse : elle trouvait un garçon qui l’aimerait pour toujours, comme dans les contes de fées.

 

Plongée dans sa lecture, Alie n’entendit pas les bruits de pas dans le couloir et elle sursauta en entendant la porte de sa chambre s’ouvrir en grand dans son dos :

« Qu’est-ce que tu fais là encore ??!! » Cria sa mère en déboulant dans sa chambre pour la sortir du lit par le bras.

« Ça fait des heures que je t’appelle depuis la cuisine ! Tu crois que je n’ai que ça à faire ?? » Continua-t-elle en la trainant dans le couloir. Alie essayait tant bien que mal de se remettre sur pied pour que sa mère la lâche. Elle regardait le sol et ne répondait pas aux questions de sa mère qui n’attendaient de toute façon pas de réponses. Arrivée devant la salle à manger, la mère d’Alie la lâcha et partit dans le salon. Alie remis ses vêtements en place et s’installa à table où sa mère lui avait déjà servi une assiette de pâte avec du jambon et du ketchup. Elle ne s’en était pas rendu compte avant, absorbée qu’elle était par sa lecture, mais elle avait faim !

Alie ne se souvenait pas d’avoir déjà mangé avec sa mère. Celle-ci avait l’habitude de la servir puis d’aller s’occuper dans le salon en attendant que sa fille finisse. Quand Alie avait fini de manger, elle sortait de table et sa mère s’occupait de ranger la table. Elle ne se croisait pas beaucoup à la maison et Alie avait des sentiments partagés à ce propos : d’un côté elle trouvait ça mieux car depuis quelques temps sa mère avait changé, elle lui criait toujours dessus, quoiqu’elle fasse. De l’autre côté, sa maman d’avant lui manquait et, elle aussi, elle aimerait pouvoir raconter le lundi matin, en classe, les supers activités qu’elle aurait fait avec sa mère le week-end, comme ses camarades.

Alie avala sa dernière bouchée rapidement, cacha le yaourt et la cuillère dans son pull et sorti de la cuisine en criant « j’ai fini ! » en direction de sa mère au salon. Elle entendit grommeler mais ne s’en occupa et fila directement dans sa chambre pour manger son dessert dans son lit avec son livre. Elle ne se lavait les dents et le corps que le dimanche, pour le bain hebdomadaire. Le reste du temps, sa mère ne s’en préoccupait pas et Alie, comme beaucoup d’autres enfants, détestait se laver.

 

Un bruit de verre cassé réveilla Alie qui s'était assoupie en lisant. Elle s’assit rapidement dans son lit, les yeux grands ouverts, le bruit continuait de se faire entendre. Elle se leva dans le noir et s’approcha sans faire de bruit de la porte de sa chambre. Elle colla son oreille contre le chambranle et écouta. Au milieu des bruits qui semblaient être de la vaisselles cassées, Alie entendait sa mère crier contre quelqu’un. Ce n’était pas la première fois qu’Alie entendait sa mère crier tard le soir mais elle n’avait jamais su contre qui. « Est-ce qu’une marraine la fée irait voir ? » se demanda Alie à voix haute pour se donner du courage puis elle ouvrit tout doucement la porte de sa chambre et s’avança dans le couloir, en rasant les murs. Plus elle approchait du salon plus les cris s’intensifiaient, devenant des hurlements. Arrivée au bout du couloir, Alie s’arrêta et pris une grande inspiration avant de pencher la tête pour essayer de voir ce qu’il se passait dans la pièce. Aussitôt fait, Alie ravala un cri et se retourna pour courir jusque dans sa chambre, ferma la porte et se jeta sous sa couverture en espérant n’avoir fait aucun bruit. Elle continuait d’entendre les cris mais étouffés par sa porte et sa couette et commença petit à petit à se calmer. Elle était roulée en boule contre son livre et repensait à ce qu’elle avait vu dans le salon. Ce n’était pas contre quelqu’un que sa mère criait mais contre quelque chose. Une chose énorme, verte, puante et qui gesticulait partout. Alie n’avait pas de doute, elle en avait déjà vu dans des livres à la bibliothèque : un Ogre.

 

Un dernier mot ?


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