Chapitre 1 : Un jour spécial à l'école

Je vous avais promis de revenir vendredi mais avec le décalage horaire (et les enfants) j'ai parfois du mal à tenir mon planning ! Mais me voici avec mon nouveau projet : un conte pour enfant ! J'en publierai un bout chaque vendredi et pis on va bien voir où ça nous mène. J'espère que ça vous plaira et je vous dit à la prochaine ! 

 

 

 

 

Je sais ce que vous vous êtes dit en ouvrant ce livre : encore un conte sans queue ni tête, une histoire que seuls les enfants apprécieront. Mais je m’adresse à vous, les parentEs, qui lirez ces quelques pages à vos petites têtes : il n’en est rien. Ne vous fiez pas à l’apparente simplicité de ce livre. Une histoire pour enfant peut en cacher une pour adulte. Maintenant que vous êtes prévenus, intéressons-nous au personnage principal de cette aventure. Une petite fille, nommée Alie, âgée de 7 ans qui va rentrer en classe pour une nouvelle journée d’école. Suivez-moi, nous allons nous approcher d’un peu plus près.

Alie marchait d’un bon pas vers l’école dont elle voyait les grandes portes vertes foncées (la directrice les appelait sa forêt personnelle) ouvertes pour laisser passer le flot de personnes : élèves et parentEs s’activaient bruyamment pour que tout le monde soit déposé à temps. Alie, marchait seule jusqu’à l’école parce qu’elle était grande et responsable lui avait dit sa mère. C’était un immense privilège qu’elle lui accordait même si des fois, elle aimerait bien que sa mère l’accompagne et lui fasse un bisou juste avant qu’elle ne traverse les portes et sa mère la regarderait marcher vers sa classe mais Alie ne se retournerait pas, ah ça non !

Alie pouffa en imaginant la scène mais elle savait bien que sa mère ne viendrait jamais, elle n’avait pas le souvenir de l’avoir déjà vu à l’école même pour les réunions de parentEs d’élèves. Ça n’était pas son « truc », comme elle lui disait. Alie ne comprenait pas bien ce qu’était ce « truc » mais elle ne voulait pas énervé sa maman. Passée les portes, et malgré son avance, Alie se dirigea directement vers sa classe. Ses camarades, elleux, s’étaient regroupés en petits groupes pour se raconter ce qu’iels avaient fait la veille ou bien ce qu’iels avaient regardé mais Alie n’avait pas vraiment d’amis à qui raconter ce genre de choses. Alors elle préférait s’asseoir en classe et attendre dans le calme, en lisant un livre ou même en dessinant quand elle se sentait d’humeur. C’était même son professeur, Mr Cédrique, qui le lui avait proposé après l’avoir vu plusieurs jours de suite assise seule dans le couloir devant la classe. Il était très gentil avec elle, Mr Cédrique, il rendait les journées à l’école bien agréables pour Alie.

La salle était vide, même Mr Cédrique n’était pas encore assis derrière son bureau. Alie se dirigea vers sa place en slalomant entre les pupitres : elle était placée près de la fenêtre avec vue sur l’arrière de l’école. Quand elle s’ennuyait en cours, elle pouvait regarder les dames de la cantine faire des allers-retours entre le camion qui amenait les repas et la cuisine. C’était aussi là que les autres employés de l’école prenaient leur pause cigarettes. Si seulement elle savait lire sur les lèvres, elle en saurait des histoires ! Une fois, deux dames se sont mises en colères et se sont bagarrées ! Mr Cédrique l’avait vu rire et était venu voir à la fenêtre ce qu’il se passait. Il s’était ensuite précipité vers la sortie en leur criant de ne pas bouger. Alie se souvenait de cette journée avec un sourire aux lèvres. Ça avait été une chouette journée.

Alie jeta un œil à la grande horloge placée au-dessus du tableau et vit qu’il n’était que 8h04. Il lui restait donc encore 26 minutes avant le début du cours, largement le temps de lire encore quelques pages du dernier livre qu’elle avait emprunté à la bibliothèque de l’école, pensa-t-elle en sortant ledit livre de son cartable.

Comme vous avez pu le voir, Alie est une petite fille un peu solitaire. Pas par choix mais cela lui convient bien ainsi. Lorsque l’on est adulte, on pourrait avoir tendance à être triste pour cette petite fille, triste qu’elle n’ait pas plus d’amis. Mais Alie n’est pas triste, détrompez-vous. Elle aime tout particulièrement aller en classe et ne trouve rien à redire à ses journées passées à étudier avec Mr Cédrique qu’elle aime beaucoup. L’école est toujours plus simple que ce qu’elle peut vivre à la maison mais nous n’en sommes pas encore à cette partie de l’histoire.

Ah, je crois bien que tous les élèves sont rentréEs en classe et se sont assisEs à leurs pupitres, les sacs posés parfois bien parfois mal aux pieds des chaises, les trousses pleines de beaucoup plus de choses que des simples stylos ouvertes devant elleux. Approchons-nous car le cours d’aujourd’hui va être très spécial…

Mr Cédrique termina de déplacer quelques papiers sur son bureau avant de se placer au milieu de l’estrade, les mains derrière le dos, comme à son habitude :

-Bonjour les enfants !

-Bonjour Mr Cédrique ! répondirent les élèves en cœur.

-J’espère que vous allez bien aujourd’hui car ce matin nous n’allons pas travailler nos additions, dit-il un petit sourire en coin.

-C’est vrai ça ? s’écrira Matthieu, un élève qui n’était pas très bon en math.

Un brouhaha commença à s’installer pendant que tout le monde posait des questions au professeur en même temps. Mr Cédrique leva les mains pour calmer les enfants. Il attendit que le silence se fasse avant de reprendre.

-Oui Matthieu, c’est bien vrai. Ce matin, nous allons parler de votre avenir, dit-il en regardant chaque élève dans les yeux. Quand il arriva au niveau d’Alie, elle eut l’impression qu’il lui jetait un regard différent, comme s’il voulait lui faire passer un message.

-Vous allez chacun me dire ce que vous aimeriez faire plus tard et pourquoi. Un seul choix les enfants, je vous préviens. Ça vous plait ?

-OUI ! crièrent les élèves avant de recommencer à parler entre eux pour organiser leurs idées. C’est que des enfants de 7 ans ça en a des idées et là, il fallait n’en choisir qu’une.

Alie avait déjà commencé à compter sur ses doigts les métiers qu’elle voudrait faire. Il y avait d’abord professeure, comme Mr Cédrique. Il était tellement gentil que si elle faisait le même métier elle serait sûrement aussi gentille que lui. Elle aimerait aussi être éboueuse, car elle adorait le camion poubelles, il était tellement grand et faisait beaucoup de bruit ! Il y avait aussi vendeuse de bonbons, comme ça elle pourrait en manger toute la journée. Ça c’était une super idée de métier. Son voisin de devant, Karim, se retourna :

-Qu’est-ce que t’a choisi ? Moi je vais dire éboueur ! Et toi ? Alors ?

Alie n’était pas contente que Karim ait choisi le même métier qu’elle. Elle avait déjà oublié qu’elle en avait pleins d’autres en tête. Maintenant, elle savait qu’elle ne pouvait plus le choisir. Vexée elle lui répondit :

-C’est un secret, tu le sauras quand ce sera mon tour de parler.

-Pfff t’es nulle ! lui dit-il et il se tourna vers Nicolas, son voisin de droite pour lui poser sans doute la même question.

Mr Cédrique tapa 3 fois dans ses mains pour faire le calme puis s’adressa à Tina, qui était la plus à gauche, au 1er rang :

-Tina, c’est toi qui commence, puis on ira vers la gauche et ainsi de suite. Vas-y, on t’écoute.

Tina était une petite fille plutôt timide, elle se cachait souvent derrière ses grandes lunettes blanches et ses longs cheveux noirs qu’elle avait épais et brillant. Elle se racla la gorge avant de sortir d’une petite voix en regardant les pieds du professeur :

-Plus tard, je travaillerais avec ma maman.

-Donc tu feras de la couture et tu vendras des vêtements ? précisa Mr Cédrique.

-Oui, c’est ça, dit-elle en hochant la tête, les mains serrés contre ses cuisses. La maman de Tina tenait une boutique de couture dans la grande ville d’à côté. On pouvait y faire réparer ses vêtements et même en faire faire. D’ailleurs, Tina était toujours bien habillée, des tenues uniques que sa mère devait lui confectionner avec amour. En revanche, elle n’avait pas le droit de les salir sinon, sa mère se mettait très en colère et on l’entendait crier jusque sur la place du village alors que l’école en est quand même très loin !

-D’accord. C’est chouette ça. À ton tour, Maeva, enchaina Mr Cédrique en se tornant vers la prochaine élève.

Ainsi de suite, les élèves parlèrent de leur rêve du moment, il y avait des idées farfelues comme ramasseur de feuilles pour en faire des gros tas pour pouvoir sauter dedans ou bien des plus sérieuses comme chirurgien des pieds et seulement des pieds ! Bientôt vint le tour d’Alie qui n’arrivait toujours pas à choisir autre chose qu’éboueuse maintenant que Karim l’avait choisi. Alie regarda par la fenêtre espérant trouver l’inspiration. Quel serait le meilleur métier du monde ? Celui qui ferait qu’on la regarderait avec admiration et qui pousserait les gens à être son ami ? Il faudrait que ce soit grandiose mais un peu mystérieux quand même. Karim était en train de parler et il fallait qu’elle se décide vite sinon elle n’aurait rien à dire à Mr Cédrique. Elle ne voulait pas le décevoir alors elle regarda partout dans la classe pour trouver une idée qui tardait à venir. Une lumière attira son regard tout au fond de la classe sur la gauche et elle vit qu’elle provenait de la trousse à paillettes de Fabien. Cela lui donna enfin son idée, elle se retourna sur son siège en même temps que Mr Cédrique lui demandait ce qu’elle voulait faire plus tard. Elle se redressa, regarda toute la classe, ouvrit la bouche et dit :

-Plus tard, je serais marraine la fée !

Un dernier mot ?


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