Il se trompe dans la conjugaison du verbe aller et se fait tirer dessus par la police

Bonjour.

Je suis désolé d'interrompre votre programme habituel pour un flash infos spécial. Nous venons d'apprendre, à l'instant, via les réseaux sociaux, qu'un faux attentat vient de se produire dans le commissariat de police du 18ème arrondissement.

 Il semblerait qu'un homme de type étranger à la peau dorée, se soit introduit dans le commissariat en criant "J'alla venu pour une plainte". Suite aux récents événements survenus dans la capitale, les forces de l'ordre sont prêtes à toute éventualité et c'est, sans hésiter, que l'homme fut mis à terre en quelques secondes. C'est après les tirs que la femme de l'homme aurait tenté de rentrer dans le commissariat pour voir la dépouille de feu son mari. Et c'est, dans les cris et les pleurs, que les témoins sur place l'ont entendu prononcer ces mots :

 

"Il venait pas pour vous attaquer !! Il sait juste pas conjuguer le verbe aller ! "

 

C'est donc avec horreur que les policiers ont appris qu'ils avaient tiré par mégarde sur un innocent venu au commissariat pour effectuer une plainte. Une peur généralisée s'est installée dans Paris et nous conseillons aux Parisiens d'éviter les commissariats pendant les heures à venir.

Notre journaliste dépêché de tout urgence sur place vient de recueillir ces mots du commissaire de police : 

 "Satanés verbes du 3ème groupe ! Ils sont une plaie pour la sécurité du pays tout entier !".

Et c'est sur ces mots que je vous quitte en espérant qu'aucun autre innocent ne sera blessé ou tué dans ces fausses attaques.

C'était Roger Rogers pour Canapé TV International, merci.

Scandale à Chambre-les-Bains, les coupables toujours en cavale !

Revenons sur un tragique accident, survenu il y a quelques semaines, dans le petit village québécois de Chambre-les-Bains.

Nous sommes le vendredi 17 juillet, un jour comme les autres à Chambre-les-Bains. Ce que vous ne savez pas, c’est qu’il est en train de s’y passer l’acte le plus barbare qu’il soit. Un reportage signé Roger Rogers.

 

Les rues paisibles de Chambre-les-Bains.

 

 

« C’était un jour normal à Chambre-les-Bains, un jour comme les autres, enfin ça, c’est ce que les habitants ont voulu me faire croire.

J’étais arrivé pour le déjeuner et je me suis arrêté au bar du coin qui fait office de restaurant. J’y ai mangé un cassoulet bien de chez nous en discutant avec les habitués, accoudés au comptoir.

Après avoir sympathisé avec eux et bu quelques verres de l’alcool local, produit par le tenancier du bar (un gage de ma bonne foi), j’ai commencé à les questionner, gentiment.

« Fait beau hein ? »

« Ah ça ! L'temps est toujours clément ici ! Pis quand y pleut, ya toujours l'bar pour s'réfugier ! »

« Les rues sont lumineuses, propres, vous devez être fiers ! »

« Ouais, boaf, c’est des trucs de gonzesses ça ! »

« Ça doit être un sacré boulot de tout ranger et nettoyer comme ça. Vous vous faites aider ? »

C’est là que j’ai commencé à les sentir réticents à me répondre, plus froids, plus distants. J’avais mis le doigt sur quelque chose. Je savais que Chambre-les-Bains avait ses secrets, je n’en imaginais juste pas l’ampleur.

Je n’étais plus le bienvenu dans le bar alors je suis sorti et ai décidé de me balader, pour voir. Je sentais bien que l’on me regardait mais quand je tournais la tête je ne voyais que des rideaux bouger. On m’observait et on ne voulait pas que je le sache. On essayait en tout cas. Mais fort de mon expérience de journaliste aux stages multiples, j’ai fait comme si de rien n’était. J’ai continué à me balader dans les rues et à saluer chaque personne âgée que je croisais. Combien étaient en fait des espions là pour me surveiller ? Je ne le sais toujours pas, à l’heure actuelle.

Fermement décidé à semer ces espions, j’ai relevé le col de mon pardessus et mis mes lunettes moustaches. J’étais devenu incognito. J’ai continué à me balader en ville, m’enfonçant de plus en plus dans les petites ruelles, essayant de percer les secrets de Chambre-les-Bains…

J’ai su tout de suite que j’étais bien arrivé. L’instinct de journaliste me direz-vous. Le talent, vous répondrais-je, le talent. C’était une maison comme les autres, enfoncée dans une impasse, un petit portail en bois en protégeait l’entrée. Je bandai mes muscles et passai par-dessus celui-ci pour ensuite me diriger prestement vers la porte. Je sentais quelque chose de louche, les animaux s’étaient tus.

Je poussai la porte dans un grincement terrible, hhiiiiiiiiinnnnnnnnnnn, et fis deux pas dans l’unique pièce avant de le voir. Je pense que mon cerveau a mis du temps à comprendre la situation, c’était trop pour lui, c’était trop pour moi…

Un panier à linge m’attendait, étalé sur le sol, ligoté, la bouche débordant de linge, il pleurait silencieusement en me regardant. Je crois n’avoir jamais vu autant d’espoir dans les yeux de quelqu’un. Je me suis empressé de le délivrer de ces liens et ces vêtements. Si je vous racontais ce que j’ai pu voir… Des culottes sales d’une semaine… Des chaussettes trouées… Un t-shirt blanc avec une tâche de café !! Rien que d’écrire ces mots, j’en ai les bras qui tremblent, jamais de ma longue carrière de stagiaire en journalisme, je n’avais vu pareille horreur.

Je n’ai pas appelé la police, je savais qu’elle ne viendrait pas, je savais qu’ils étaient tous dans le coup. Il fallait que je me dépêche avant qu’ils ne me découvrent ! J’ai lancé la lessive à 30°C puis je suis parti. Le panier à linge s’était enfui dès que je l’avais libéré, comme je le comprends. En passant devant les maisons, je ne cessais d’imaginer combien d’autres paniers vivaient peut-être la même horreur, étouffés derrière les murs de ces maisons qui me paraissaient glauques tout à coup…

Je n’ai jamais retrouvé la propriétaire de la maison, une certaine Fluffy mais je ne lâcherai pas mon enquête, c’est mon devoir de journaliste, c’est mon devoir envers tous les paniers à linge….

C’était Roger Rogers pour Canapé TV International, merci.